Le site EMTA de Guitrancourt pourra désormais traiter jusqu’à 250 000 tonnes de déchets dangereux par an, contre 200 000 tonnes auparavant. Le préfet des Yvelines autorise également la création d’une unité provisoire de stabilisation de certains déchets dangereux. Cette décision s’accompagne de nouvelles obligations pour limiter les risques et les nuisances, notamment les odeurs et les éventuelles fuites de biogaz.
Une décision qui change la donne à Guitrancourt
À Guitrancourt, le site de traitement des déchets EMTA va changer d’échelle. Le préfet des Yvelines vient d’autoriser une hausse de 50 000 tonnes de la capacité annuelle de traitement. Le site pourra ainsi prendre en charge jusqu’à 250 000 tonnes de déchets dangereux par an, contre 200 000 tonnes jusqu’à présent.
L’arrêté préfectoral autorise également la création d’une unité provisoire de stabilisation pour certains déchets dangereux. Cette décision intervient alors que l’Île-de-France produit chaque année plus de 700 000 tonnes de déchets dangereux. Pour les services de l’État, le renforcement des capacités de traitement répond donc à un besoin immédiat. Mais l’autorisation ne se limite pas à augmenter les volumes. Elle impose aussi de nouvelles mesures de prévention et de surveillance.
Une capacité de traitement portée à 250 000 tonnes par an
Le préfet des Yvelines a autorisé, à la demande de la société EMTA, l’augmentation du tonnage annuel traité sur son site de Guitrancourt. La capacité passe ainsi de 200 000 à 250 000 tonnes par an. Cette évolution intervient après une phase de consultation et de concertation. Les collectivités et le public ont notamment pu faire part de leurs observations.
Le commissaire enquêteur, les services de l’État et le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST) ont également rendu des avis favorables. L’autorisation préfectorale encadre donc désormais les nouvelles conditions d’exploitation du site.
Une nouvelle unité pour stabiliser certains déchets dangereux
Le projet prévoit aussi la création d’une unité provisoire de stabilisation des déchets dangereux. Cette installation concernera notamment des résidus issus de l’épuration des fumées, de l’incinération des ordures ménagères ou des déchets industriels. Elle pourra également traiter certains résidus provenant de la combustion de biomasse.
Le principe consiste à réduire la mobilité et la solubilité des polluants présents dans ces déchets. Le procédé utilise notamment des agents chimiques et des liants, comme le ciment. Ces matériaux permettent d’immobiliser les substances polluantes avant leur stockage dans des conditions adaptées. L’objectif est donc de sécuriser ces déchets avant leur prise en charge.
Le préfet a toutefois décidé de limiter la durée de cette nouvelle installation. L’unité de stabilisation sera autorisée pour une durée maximale de cinq ans. Cette limite intervient après plusieurs échanges et réunions de concertation.
L’État veut ainsi encadrer cette solution dans le temps. L’arrêté impose également à EMTA de présenter, dans un délai maximal de deux ans, un projet concernant une future installation pérenne. Le calendrier est donc clairement fixé. Une solution provisoire doit d’abord répondre au besoin actuel. Ensuite, un projet durable devra prendre le relais.
Le site passe au régime Seveso seuil haut
L’augmentation des capacités de traitement entraîne une autre évolution réglementaire. Le site de Guitrancourt relève désormais du régime Seveso seuil haut. Ce classement renforce les obligations imposées à l’exploitant en matière de prévention et de maîtrise des risques.
Cependant, la préfecture précise un point important : ce classement ne signifie pas l’apparition d’un nouveau danger pour la population lié à l’exploitation du site. Il traduit avant tout le niveau d’encadrement réglementaire applicable à l’installation. L’arrêté préfectoral fixe ainsi des prescriptions supplémentaires afin de maîtriser les risques environnementaux liés à l’activité.
Au-delà des risques industriels, les nuisances olfactives occupent une place importante dans le nouvel arrêté. Le préfet renforce les mesures destinées à prévenir, détecter et suivre les odeurs susceptibles de gêner les riverains.
Plusieurs dispositifs vont ainsi être déployés. L’exploitant devra notamment renforcer les mesures destinées à limiter les émissions odorantes. Il devra également réaliser un diagnostic olfactométrique. Une modélisation de la dispersion des odeurs devra compléter cette étude.
L’objectif est de mieux comprendre l’origine des nuisances et leur propagation autour du site.
Des drones pour surveiller les éventuelles fuites de biogaz
La surveillance ne s’arrêtera pas aux odeurs. L’arrêté prévoit également au moins quatre passages de drones par an. Ces opérations devront permettre de détecter d’éventuelles fuites de biogaz. Cette surveillance aérienne viendra compléter les dispositifs installés sur le site.
EMTA a d’ailleurs engagé volontairement le déploiement d’un réseau de capteurs internes. Ces équipements doivent permettre de détecter plus rapidement d’éventuelles fuites de biogaz. Le dispositif repose donc sur plusieurs niveaux de surveillance.
Un « jury de nez » avec des habitants
Autre mesure prévue : la création d’un « jury de nez ». Le dispositif associera des habitants afin de suivre les nuisances olfactives ressenties autour du site. Cette participation doit permettre de mieux prendre en compte l’expérience des riverains. Un comité de suivi des odeurs sera également créé.
Ainsi, les signalements ne resteront pas isolés. Ils pourront alimenter un suivi plus structuré des nuisances. EMTA a, par ailleurs, mis en place un numéro d’astreinte dédié aux odeurs. Les riverains pourront donc signaler rapidement une nuisance.
Avec cette nouvelle autorisation, le site EMTA pourra traiter davantage de déchets dangereux. Mais le préfet des Yvelines conditionne cette évolution à un renforcement des mesures de prévention et de surveillance.
Le dispositif porte à la fois sur les risques industriels, les émissions odorantes et les éventuelles fuites de biogaz. La création de l’unité de stabilisation reste, elle, limitée à cinq ans. EMTA devra aussi présenter sous deux ans un projet pour une installation pérenne.
À Guitrancourt, l’augmentation des capacités s’accompagne donc d’un nouvel équilibre entre besoin de traitement, surveillance environnementale et prise en compte des riverains.