Plaisir : des enfants du SOS Village révèlent leurs talents grâce à un projet artistique

Publié le 17 mars 2026

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Plaisir : des enfants du SOS Village révèlent leurs talents grâce à un projet artistique

Montage : Nathan Desideri / Article : Wilfried Richy / Reportage vidéo : William Morel

Reportage

À Plaisir, des enfants du Village d’Enfants SOS participent à un projet artistique mené par la compagnie « Tangente » dans le cadre de « Santé en cultures ». Porté par le Conseil départemental des Yvelines, ce dispositif croise culture, santé et accompagnement social. Théâtre, danse, écriture, expression scénique : au fil des ateliers, les jeunes construisent un spectacle collectif pensé comme un espace de confiance, de découverte et de valorisation.


Santé en cultures : de quoi parle-t-on ?

Le dispositif « Santé en cultures » est un appel à projets du Conseil départemental des Yvelines. Il repose sur une logique de jumelage entre opérateurs culturels et établissements ou services sociaux et médico-sociaux, avec un objectif affiché : favoriser l’inclusion culturelle, le bien-être, l’expression et le lien social des publics accompagnés.

Pour la promotion 2025, le Département présente 13 projets lauréats. Parmi eux figure « Un village dans la ville », porté par la compagnie « Tangente » avec le Village d’Enfants SOS de Plaisir.

À Plaisir, un projet artistique mené au long cours

Dans le studio, les enfants avancent par étapes. Ils écrivent, testent, improvisent, dansent, rejouent. Cette première présentation publique marque un point d’étape, pas un aboutissement. Le projet doit se poursuivre jusqu’à l’été, avec une montée en puissance progressive.

« Un village dans la ville » combine des ateliers hebdomadaires de théâtre et de danse, des stages pendant les vacances scolaires et des sorties culturelles. Le parcours est destiné à une dizaine de jeunes résidents et vise à créer des temps de partage, de confiance, de vivre-ensemble et de répit. Il doit aboutir à la création d’un spectacle déambulatoire. Voir la présentation officielle du projet.

Une restitution intermédiaire devant proches et partenaires

Cette première version du spectacle a été présentée après plus d’une semaine de travail. Les enfants pouvaient inviter des proches, des amis ou des personnes vivant avec eux sur le village. L’enjeu était double : confronter les jeunes à un public et donner à voir le travail engagé avec les partenaires du projet.

Le spectacle a été conçu par les enfants eux-mêmes. Ils ont participé à l’écriture, à la construction des scènes et aux chorégraphies. Sur le fond, l’approche dépasse la seule pratique artistique. Elle travaille la prise de parole, le rapport au regard des autres, l’engagement dans un collectif et la capacité à tenir une présence sur scène.

Les intervenants du reportage

  • Samuel Mercer, directeur de la compagnie Tangente
  • Gösta Sträng, chorégraphe de la compagnie Tangente
  • Kévin Brenguier, éducateur spécialisé au SOS Village d’Enfants

Créer du lien autrement

Le projet repose sur une idée simple : l’art peut ouvrir un autre cadre de relation. Dans ce type d’atelier, les enfants ne sont pas seulement accompagnés. Ils deviennent auteurs, interprètes, créateurs. Ils prennent une place, portent une parole, expérimentent des formes d’expression qui ne passent pas uniquement par le verbal.

La compagnie Tangente travaille ici sur un registre mêlant théâtre et mouvement. Le parti pris consiste à partir des ressources du groupe, à faire émerger des formes depuis les envies, les textes, les gestes et les initiatives des participants. Ce positionnement rejoint la logique du dispositif départemental, qui encourage des formes de médiation culturelle inclusives et solidaires.

Des compétences utiles bien au-delà de la scène

Au fil des séances, les enfants développent des compétences qui débordent largement le cadre du spectacle. Regarder un interlocuteur, tenir un discours, prendre sa place dans un groupe, se concentrer, écouter, assumer une émotion, travailler en équipe : autant d’aptitudes qui comptent aussi dans un parcours scolaire, social et professionnel.

Dans sa présentation du dispositif, le Département souligne d’ailleurs plusieurs finalités : améliorer le bien-être des bénéficiaires, favoriser leur inclusion culturelle, transformer les parcours d’accompagnement, renforcer l’ancrage local et pérenniser les projets construits entre acteurs culturels et secteur médico-social. Consulter la page du dispositif.

Danse, dessin, chant : des révélations au fil des ateliers

Le travail mené a aussi permis de faire émerger des aptitudes inattendues. Certains jeunes se sont distingués dans la chorégraphie. D’autres ont révélé une forte sensibilité graphique ou une envie de chanter jusque-là peu exprimée. Dans ce type de parcours, la création agit aussi comme un révélateur : elle met en lumière des capacités parfois invisibles dans d’autres contextes.

Sur le terrain, les encadrants observent des enfants qui s’ouvrent, se redécouvrent ou prennent confiance dans des registres qu’ils n’exploraient pas auparavant. C’est aussi l’un des marqueurs de ces projets culture-santé : déplacer le regard porté sur les participants en mettant en avant leurs ressources.

tv78, partenaire éditorial de Santé en cultures

La couverture de « Santé en cultures » s’inscrit dans un partenariat éditorial entre tv78 et le Conseil départemental des Yvelines.

tv78 assure la valorisation journalistique des projets, la mise en lumière des acteurs culturels et médico-sociaux du territoire et l’information du public sur les initiatives culture-santé.

Périmètre d’intervention 2025–2026 :

  • Un village dans la ville – Compagnie La Tangente
  • Équilibre, mouvements et inclusion ! – La Barbacane
  • J’ai la mémoire qui chante – École des 4 Z’Arts

Lire l’article de référence publié par tv78 sur le dispositif.

Un projet inscrit dans la durée jusqu’à l’été

La suite est déjà programmée. Le projet doit se poursuivre dans les prochaines semaines, avec une dernière répétition annoncée en juin avant une présentation officielle le 1er juillet. Cette temporalité longue correspond à l’esprit de « Santé en cultures », qui privilégie des parcours installés dans la durée plutôt que des interventions ponctuelles.

À Plaisir, l’enjeu est désormais de transformer l’essai. La restitution intermédiaire a permis de mesurer le chemin parcouru. La version finale du spectacle, elle, devra traduire ce que ce travail artistique aura produit chez les jeunes : davantage d’aisance, plus de confiance et une expérience collective valorisante.

Sources et liens utiles

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