Mise à jour : 17 mars 2026 à 20h00
ANALYSE. Coup de théâtre à Guyancourt. Arrivée troisième au premier tour, la liste portée par Sébastien Ramage (Union populaire et écologique – LFI) annonce son retrait. Le second tour se jouera désormais en duel, dans une configuration totalement relancée.
Les résultats du premier tour : un équilibre instable
Au soir du 15 mars, les résultats plaçaient la ville dans une situation incertaine :
- Rodolphe Barry (divers centre) : 39,37 %
- François Morton (divers gauche) : 38,97 %
- Sébastien Ramage (LFI) : 21,65 %
Un écart infime entre les deux premiers.
Et surtout une réalité politique forte : la gauche totalisait plus de 60 % des voix.
Mais divisée, elle s’exposait à une défaite.
Retrait de la liste LFI : un tournant dans la campagne
Dans un communiqué publié après le premier tour, la liste de Sébastien Ramage annonce finalement son retrait du second tour et appelle à faire barrage à la droite.
Elle justifie sa décision par :
- la volonté d’éviter une bascule politique de la ville
- l’échec des discussions avec la liste de François Morton
- un choix présenté comme relevant de « l’intérêt général »
La liste affirme avoir proposé une fusion, y compris technique, refusée par le maire sortant .
Un second tour désormais en duel
Le paysage électoral change radicalement.
Dimanche prochain, les électeurs auront le choix entre :
- Rodolphe Barry (divers centre)
- François Morton (divers gauche)
Conséquence : le scrutin devient beaucoup plus lisible… mais pas forcément prévisible.
La clé : le report des voix de gauche
Tout l’enjeu se déplace désormais.
Avec 21,65 % au premier tour, l’électorat de la liste LFI devient l’arbitre de l’élection.
Deux inconnues majeures :
- le niveau réel de report vers François Morton
- la capacité de mobilisation des abstentionnistes
Le communiqué appelle clairement à faire barrage à la droite, mais sans accord politique formel.
Une dynamique potentiellement inversée
Avant le retrait :
- droite en tête
- gauche majoritaire mais divisée
- risque élevé de bascule
Après le retrait :
- gauche potentiellement rassemblée électoralement
- duel ouvert
- avantage théorique à François Morton… sous conditions
Une élection sous tension dans les Yvelines
Guyancourt reste une commune stratégique :
- ancrée à gauche depuis plusieurs mandats
- située dans un département dominé par la droite
- marquée par des politiques sociales et urbaines structurantes
Une victoire de la droite constituerait une prise symbolique.
À l’inverse, une victoire de la gauche confirmerait sa capacité à se rassembler dans l’entre-deux tours.
L’abstention, facteur décisif
Autre variable centrale : la participation.
Près d’un électeur sur deux ne s’est pas déplacé au premier tour.
Dans un duel aussi serré :
- quelques centaines de voix peuvent faire basculer l’élection
- la remobilisation devient déterminante
Le second tour se jouera autant dans les urnes que dans la capacité à convaincre les abstentionnistes.
À Guyancourt, la séquence électorale s’est brutalement accélérée.
- une gauche majoritaire mais divisée au premier tour
- un retrait stratégique entre les deux tours
- un duel désormais ouvert
L’élection ne se joue plus sur les équilibres du premier tour, mais sur la capacité à transformer un appel au barrage en votes réels.