Après plusieurs jours de blocages et de tensions, le gouvernement veut renouer le dialogue avec les lycéens. Ce lundi 5 octobre, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, s’est rendu au lycée de Villaroy à Guyancourt, dans les Yvelines. Il y a rencontré les équipes éducatives et plusieurs représentants des élèves.
Au terme de ces échanges, le ministre a fixé un premier objectif : reprendre progressivement les cours à partir de mercredi. Lundi, 589 lycées étaient encore perturbés en France. Un chiffre en baisse par rapport aux jours précédents.
Des lycéens font remonter leurs revendications
À Guyancourt, les discussions ont aussi permis aux élèves d’exprimer leurs préoccupations.
Parmi les sujets évoqués figurent le remplacement des professeurs absents, les journées jugées trop chargées ou encore l’état de certains établissements. Le gouvernement souhaite également travailler sur la démocratie lycéenne et la place accordée à la parole des élèves.
Une plateforme doit permettre aux lycéens de faire remonter leurs difficultés. Les établissements devront également organiser des temps d’échange lors de la reprise des cours. Les constats seront ensuite transmis aux académies afin d’alimenter le plan d’action du gouvernement.
« Il n’y a pas d’autre voie […] que le dialogue »
Édouard Geffray veut désormais privilégier les discussions avec la communauté éducative.
« Il n’y a pas d’autre voie dans un État de droit et dans une démocratie […] que le dialogue », a déclaré le ministre depuis Guyancourt.
La reprise ne doit donc pas se faire comme si les derniers jours n’avaient pas existé. Les personnels pourront d’abord échanger sur les événements. Ensuite, les lycéens disposeront également d’un temps de parole.
190 lycéens blessés depuis le début du mouvement
Le mouvement présente également un lourd bilan humain. 190 élèves ont été blessés depuis le début des mobilisations, selon le bilan communiqué lundi soir par Édouard Geffray. Le ministre attribue ces blessures à différents types d’incidents, notamment des accidents et des violences liées aux troubles autour des rassemblements.
La journée de lundi a par ailleurs été marquée par la grave blessure d’un lycéen de 15 ans à Lens. Une enquête de l’IGPN a été ouverte pour déterminer les circonstances précises des faits.
Dans ce contexte, le ministre maintient toutefois le droit de manifester. Une nouvelle journée de mobilisation est annoncée mardi 6 octobre. Édouard Geffray la considère comme une liberté démocratique qui doit pouvoir s’exercer dans un cadre organisé.
À Guyancourt, le gouvernement a donc tenté d’ouvrir une nouvelle séquence : écouter les revendications, poursuivre le dialogue et permettre un retour progressif en classe dès mercredi.