Élu président de Saint-Quentin-en-Yvelines le 9 avril 2026, le maire de Montigny-le-Bretonneux veut rendre plus lisible l’action de SQY dans la vie des habitants. Entre continuité, arbitrages budgétaires, attractivité économique et ligne 18 du Grand Paris Express, Lorrain Merckaert entend installer sa méthode : écouter, chercher le consensus, puis trancher.
À peine élu à la tête de Saint-Quentin-en-Yvelines, Lorrain Merckaert veut imprimer une ligne simple : rapprocher l’agglomération des habitants. Le maire de Montigny-le-Bretonneux a succédé le 9 avril 2026 à Jean-Michel Fourgous, à l’issue du conseil d’installation de SQY. Seul candidat, il avait obtenu 53 voix, contre 23 bulletins blancs.
Invité de Café politique, le nouveau président de Saint-Quentin-en-Yvelines dit mesurer le poids de cette fonction. Il parle de “satisfaction” et de “sentiment d’honneur”, mais refuse l’idée d’une prise de pouvoir triomphale. “Lorsque vous accédez à une nouvelle responsabilité, cette notion de responsabilité vous oblige à ne pas arriver en terrain conquis”, explique-t-il.
Saint-Quentin-en-Yvelines : rendre SQY plus visible dans la vie des habitants
Pour Lorrain Merckaert, l’un des premiers enjeux sera de mieux faire comprendre le rôle de Saint-Quentin-en-Yvelines. SQY regroupe 12 communes : Coignières, Élancourt, Guyancourt, La Verrière, Les Clayes-sous-Bois, Magny-les-Hameaux, Maurepas, Montigny-le-Bretonneux, Plaisir, Trappes, Villepreux et Voisins-le-Bretonneux.
Mais malgré son poids institutionnel, l’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines reste parfois mal identifiée par les habitants. Éclairage public, assainissement, eau, collecte des déchets, réseaux : autant de compétences concrètes, visibles au quotidien, mais rarement associées directement à l’intercommunalité.
“Il y a énormément de choses qui sont faites par Saint-Quentin-en-Yvelines, qui touchent directement le quotidien des habitants sans que les habitants s’en rendent forcément compte”, souligne Lorrain Merckaert.
Pour répondre à ce déficit de lisibilité, le président de SQY souhaite engager un nouveau projet de territoire. L’objectif est double : permettre aux 76 conseillers communautaires de s’approprier les grands dossiers et fixer une feuille de route partagée pour les prochaines années.
SQY : des choix politiques à assumer
Le nouveau président de Saint-Quentin-en-Yvelines ne promet pas une simple continuité. Il prévient que SQY devra regarder lucidement ses politiques publiques. Certaines seront poursuivies, d’autres pourraient être arrêtées si les moyens financiers ne permettent plus de tout porter.
Cette réflexion s’inscrit dans l’histoire particulière de Saint-Quentin-en-Yvelines, héritée de la ville nouvelle. L’intercommunalité y exerce de nombreuses compétences et reste très intégrée dans le fonctionnement du territoire.
Sur la méthode, Lorrain Merckaert revendique une approche fondée sur l’écoute et la recherche du consensus. Mais il assume aussi la nécessité de décider. “Il y aura toujours des personnes qui ne seront pas d’accord, et ça fait partie du jeu”, résume-t-il.
Lorrain Merckaert, maire de Montigny-le-Bretonneux et président de SQY
Lorrain Merckaert conserve son mandat de maire de Montigny-le-Bretonneux, où il a été réélu dès le premier tour des municipales 2026 avec 72,53 % des suffrages.
Une double casquette qu’il assume. Il dit vouloir rester présent sur le terrain, aussi bien à Montigny-le-Bretonneux que dans les autres communes de Saint-Quentin-en-Yvelines. Pour lui, le contact direct avec les habitants reste indispensable à l’exercice du mandat.
“C’est vraiment dans ce rapport direct avec les habitants. Ça, j’y suis très attaché”, affirme-t-il.
Face au risque de voir Montigny-le-Bretonneux peser plus fortement dans les orientations de SQY, Lorrain Merckaert répond par la gouvernance. Il rappelle qu’une intercommunalité n’est pas une “mairie bis”, mais un établissement public de coopération intercommunale. Le maire, selon lui, demeure la voix directe de sa population.
Attractivité économique à Saint-Quentin-en-Yvelines et arrivée de la ligne 18
Autre chantier majeur pour Saint-Quentin-en-Yvelines : l’économie. SQY doit composer avec les effets du télétravail et la crise de l’immobilier de bureaux. Lorrain Merckaert reconnaît que les équilibres ont changé, mais veut miser sur les atouts du territoire : le cadre de vie, les filières d’excellence et la fidélité des entreprises déjà implantées.
Saint-Quentin-en-Yvelines entend aussi tirer parti de son positionnement au cœur de Paris-Saclay, notamment dans les secteurs de la santé, de la défense, de la sécurité et de l’aéronautique.
La ligne 18 du Grand Paris Express fait partie des dossiers structurants pour SQY. Elle doit relier l’aéroport Paris-Orly à Versailles, en desservant notamment le plateau de Saclay, Saint-Quentin-en-Yvelines et Satory. Pour Lorrain Merckaert, l’arrivée d’une gare change durablement le destin d’un territoire. Elle doit transformer les déplacements des habitants, des salariés et des entreprises.
Une méthode locale face aux tensions nationales
Interrogé sur le climat politique, Lorrain Merckaert juge la polarisation nationale “préoccupante”. Il oppose cette tension au fonctionnement local, où les élus doivent, selon lui, continuer à dialoguer et à chercher des solutions concrètes.
Le président de Saint-Quentin-en-Yvelines revendique une sensibilité centriste et une méthode fondée sur l’écoute. Une ligne qu’il veut appliquer à la tête de SQY : prendre le temps du diagnostic, construire le consensus quand il est possible, mais assumer les arbitrages quand ils deviennent nécessaires.