Choose France 2026 : comment Versailles est devenu la vitrine de la diplomatie économique française

Publié le 01 juin 2026

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Choose France 2026 : comment Versailles est devenu la vitrine de la diplomatie économique française

Emilie Leroy

Chronique

Avec 93 milliards d’euros d’investissements annoncés lors de Choose France 2026, le sommet organisé par Emmanuel Macron au château de Versailles signe un record historique. Depuis 2018, ce rendez-vous est devenu l’un des principaux outils de l’attractivité économique française auprès des investisseurs étrangers.

Avec 93 milliards d’euros d’investissements annoncés ce lundi 1er juin, Choose France 2026 bat des records. Près de 200 dirigeants venus d’une cinquantaine de pays se sont réunis au château de Versailles pour ce sommet devenu un rendez-vous majeur de l’attractivité économique française.

Lancé en 2018 par le président pour attirer les investisseurs étrangers, Choose France a une nouvelle fois servi de vitrine aux grands projets internationaux. Parmi les principales annonces figurent les 75 milliards d’euros promis par SoftBank pour les infrastructures liées à l’intelligence artificielle ou encore les 7,5 milliards d’euros du fonds émirati MGX avec Bpifrance. À elle seule, cette neuvième édition dépasse le montant cumulé des huit précédentes.

Mais derrière ce record, un autre acteur joue un rôle central : Versailles. Depuis huit ans, l’ancienne résidence des rois de France est devenue l’un des principaux outils de la diplomatie économique française. Dans la galerie des Glaces, où Louis XIV recevait les ambassadeurs étrangers, ce sont désormais les dirigeants des plus grandes entreprises mondiales qui sont accueillis.

Le choix du château n’a rien d’anodin. Son rayonnement international permet à la France de se distinguer dans la concurrence que se livrent les grandes économies pour attirer les investissements étrangers. Versailles porte un récit : celui d’un pays qui associe héritage historique, stabilité politique et ambitions technologiques. En accueillant les investisseurs dans l’un des monuments les plus connus au monde, l’exécutif mise sur le soft power français pour renforcer l’image de la France à l’international.

Dès sa première édition, Choose France s’est inscrit dans le calendrier des grands rendez-vous économiques mondiaux. Organisé dans le sillage du Forum économique mondial de Davos, qui rassemble chaque année chefs d’État, investisseurs et dirigeants d’entreprises, le sommet versaillais vise à capter l’attention des décideurs internationaux et à mettre en avant les atouts de l’économie française dans un cadre immédiatement identifiable. Une manière de transformer le prestige du patrimoine en argument économique.

Entre 2018 et 2025, Choose France a principalement attiré des projets dans la santé, les nouvelles technologies et l’agroalimentaire. En 2026, l’intelligence artificielle domine largement les annonces. Data centers, capacités de calcul et infrastructures numériques concentrent l’essentiel des investissements. Une orientation que Roland Lescure résume d’une formule : « En France, on a des cerveaux et des serveurs. » Recherche de pointe, ingénieurs qualifiés, énergie décarbonée et pôles d’innovation comme Paris-Saclay figurent parmi les principaux arguments mis en avant auprès des investisseurs.

Reste à savoir quelle part de ces annonces se traduira concrètement en investissements et en emplois dans les années à venir. Une chose est sûre : en moins d’une décennie, Versailles est devenu la vitrine de la diplomatie économique française. Le château s’est imposé comme un symbole de la stratégie d’attractivité. À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, rien ne dit toutefois que son successeur conservera ce rendez-vous sous la même forme.

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