À mourir de rire… et d’intelligence ! En forme de conférence TedX sous substance, le seul en scène d’Antoine Defoort « Sauvez vos projets (et peut-être le monde) avec la méthode itérative » est aussi drôle que brillant et documenté, abordant « une vraie méthode » de manière à la fois légère et profonde. On rit beaucoup, on apprend autant, et on ne boude pas son plaisir. À découvrir mardi 5 et mercredi 6 mai 2026 à 20h30, au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, à Montigny-le-Bretonneux.

Un spectacle qui a failli s’appeler : « Un gratin, un panda. »
Comment avez-vous eu l’idée de cette conférence-spectacle ?
C’est toujours une ribambelle d’idées venues de plusieurs endroits qui poussent dans leur coin. À un moment, elles s’assemblent et font une sorte de nœud. Dans ce spectacle je révèle mon amour des métaphores. Parmi toutes, j’aime la métaphore végétale, et particulièrement celle des vrilles, ces petites tiges tarabiscotées que font pousser certaines plantes pour s’attacher à des trucs. Les idées, c’est pareil : en poussant, elles envoient des vrilles et s’associent pour créer une nouvelle plante. À travers ma découverte de la méthode itérative, sujet annoncé mais aussi prétexte, on parle de bien d’autres choses : des métaphores, donc, de nos idées en général et de la manière dont on cohabite avec elles, mais aussi de l’étape cruciale pendant laquelle elles passent d’une forme conceptuelle à matérielle. Une étape délicate pendant laquelle arrivent souvent beaucoup d’accidents. La méthode itérative donne des outils pour la gérer au mieux.
Votre spectacle prend la forme d’une conférence. Qu’est-ce que ce cadre vous permet de faire que le théâtre pur ne permettrait pas ?
Une conférence, en fait, c’est un spectacle sans 4e mur. Pour moi, ce que je fais c’est du théâtre pendant lequel je parle aux gens. Je m’amuse aussi à questionner cette catégorisation.
En équilibre, entre sérieux et humour
On oscille toujours entre sujets très sérieux et humour. Est-ce que les deux se nourrissent, se portent mutuellement ?
Bien sûr ! Cette recherche d’équilibre m‘est chère. J’ai ce besoin de développer un discours un tant soit peu rigoureux, à travers lequel on manipule des concepts parfois exigeants, tout en rigolant et en envoyant des vannes. Le fait que ce soit drôle, rend les chose intéressantes et le fait qu’elles sont intéressantes rend les choses encore plus amusantes. Je convoquerais ici la métaphore du surf : c’est une question d’équilibre… et c’est casse gueule ! Parfois, on prend la vague et on reste en équilibre entre humour et sérieux et parfois on chute mais, comme le surf, ça vaut le coup d’essayer. Je conçois ma pratique comme une recherche d’équilibre permanente. Si je devais choisir entre les idées, les concepts et les blagues, je serais malheureux et je changerais de métier.
La méthode itérative peut sembler très théorique. Comment avez-vous réussi à en faire une matière de scène vivante, drôle et accessible ?
Cette méthode était déjà utilisée au Paléolithique. Il s’agit d’abord de tester quelque chose et, en fonction du résultat, de modifier un projet. Ce n’est pas si compliqué, finalement. Ici, on aborde des détails méthodologiques, la manière d’être le plus efficace possible, mais aussi notre relation avec les idées, un sujet qui m’intéresse dans la vie en général. On n’agit sur le monde que par le truchement des idées et leur mise en forme.
La méthode itérative est libératrice et elle donne de l’espoir
Qu’est-ce que vous aimeriez que le public retienne de votre spectacle ?
Rien n’est immuable ! Y compris les organisation sociales et politiques. Car ce sont, elles aussi, des idées qui ont pris forme et toutes peuvent être itérer, donc être mises à jour. La méthode itérative est libératrice et « empouvoirante ». Ce n’est pas une baguette magique, mais je trouve qu’elle pourrait presque nous donner de l’espoir. Et dans le contexte actuel, c’est déjà pas mal. Sinon, je peux aussi vous confier que le spectacle a failli s’appeler : « Un gratin, un panda » pour des raisons qui seront clarifiées au cours du spectacle. Mais, j’ai préféré jouer carte sur table. Finalement, j’aurais aussi pu faire l’inverse pour rassurer les gens qui ont peur de s’emmerder. Car, de source sûre : on rit pas mal !
Les 5 et 6 mai à 20h30 au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, Place Georges Pompidou, à Montigny-le-Bretonneux / Saint Quentin en Yvelines – Tarifs: 23 € (18 €, 13 €, 12 €, 6 €, 4 €) – Réserver