Jeudi 2 juillet, le tribunal correctionnel de Versailles a condamné quatre jeunes d’une vingtaine d’années. Les magistrats les ont reconnus coupables d’avoir violemment agressé le gérant d’un hôtel de Magnanville, après avoir forcé l’entrée de l’établissement. Les enquêteurs établissent rapidement les faits et retracent le déroulement de cette intrusion suivie d’un passage à tabac particulièrement violent.
« Soirée Ballon »
Ce jeudi, le tribunal correctionnel de Versailles a condamné quatre jeunes à quatre ans de prison ferme pour violences aggravées et vols en réunion. Au total, la victime souffre d’un traumatisme crânien léger, d’une fracture, ainsi que de multiples plaies au cuir chevelu et au torse.
Les faits remontent au lundi 11 avril dernier. Ce jour-là, deux jeunes hommes et deux jeunes femmes originaires de Mantes-la-Jolie prévoient de passer une « soirée ballon », consistant à inhaler du protoxyde d’azote. Pour ce faire, ils pénètrent par effraction dans l’établissement, en passant par la porte de secours, puis s’installent dans une chambre située au rez-de-chaussée.
Vers cinq heures du matin, le gérant de l’hôtel entend du bruit et monte vérifier. Caméra à la main, il frappe alors à la porte des suspects. À cet instant, l’un d’eux l’aperçoit. Les deux jeunes femmes se jettent ensuite sur lui et le frappent violemment. Enfin, l’agression s’intensifie lorsqu’une bouteille de vodka lui est fracassée sur le crâne.
Une violence inouïe
Une fois au sol, le gérant continue de recevoir de nombreux coups. Pendant l’agression, l’un des assaillants lui lance : « Tu la fermes », tout en le frappant violemment. Selon le président du tribunal, cité par Le Parisien, les violences ont atteint « un niveau assez haut », alors même que la juridiction est pourtant habituée à traiter ce type de dossiers.
Avant de prendre la fuite, les agresseurs s’emparent du téléphone portable et de la montre connectée de la victime. Ils quittent ensuite les lieux, laissant le gérant grièvement blessé et couvert de sang.
La justice reste de marbre face aux mea culpa
Dans le box des prévenus, les jeunes tentent d’expliquer les faits. « C’est lui qui nous a attaqués, moi, je me suis défendu », assure l’un d’eux, avant de présenter ses excuses : « C’est pas bien, ça pourrait être mon père. »
Toutefois, leur défense ne convainc pas la procureure. Elle avait requis trois ans de prison ferme contre les trois prévenus ayant déjà des antécédents judiciaires, et trente mois d’emprisonnement contre la jeune femme, qui n’avait encore jamais eu affaire à la justice.
Le tribunal se montre encore plus sévère. En plus des peines de prison, il prononce une interdiction d’entrer en contact avec la victime et les coauteurs, ainsi qu’une interdiction de paraître à Magnanville pendant trois ans. Par ailleurs, les quatre condamnés ne pourront ni détenir ni porter une arme durant cinq ans, conformément aux réquisitions de la procureure.
De son côté, la jeune mère de famille avait déjà été condamnée à trois reprises, notamment pour des violences commises sur des pompiers, des menaces de mort, des outrages et un usage de stupéfiants. Enfin, le tribunal révoque six mois de son sursis probatoire.