Renault va fermer son centre d’ingénierie de Villiers-Saint-Frédéric : 850 emplois concernés dans les Yvelines

Publié le 19 juin 2026

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Renault va fermer son centre d’ingénierie de Villiers-Saint-Frédéric : 850 emplois concernés dans les Yvelines

Exocet Kayes

Chronique

Le groupe Renault a annoncé la fermeture de son centre d’ingénierie de Villiers-Saint-Frédéric, dans les Yvelines, d’ici à la fin de l’année 2027. Cette décision concerne directement 488 salariés Renault et Ampere ainsi que 300 à 350 prestataires, soit près de 850 personnes au total.

Implanté depuis 1965, ce site historique a joué un rôle majeur dans le développement des véhicules utilitaires du constructeur. C’est notamment à Villiers-Saint-Frédéric qu’ont été conçus plusieurs modèles emblématiques comme le Kangoo ou encore le Trafic.

Pourquoi Renault ferme le site de Villiers-Saint-Frédéric ?

Pour justifier cette fermeture, Renault avance plusieurs arguments. D’abord, le groupe prévoit une baisse de l’activité dans l’ingénierie des véhicules utilitaires au cours des prochaines années. Selon la direction, le nombre de programmes à développer devrait diminuer après le lancement de plusieurs modèles récents.

Ensuite, Renault souhaite réduire ses coûts immobiliers. Le constructeur estime que la mise aux normes énergétiques du site nécessiterait un investissement d’environ 20 millions d’euros sur quatre ans. Dans un contexte économique marqué par une perte nette de 10,9 milliards d’euros en 2025, la direction considère cette dépense comme difficilement soutenable.

Par ailleurs, cette fermeture s’inscrit dans une stratégie plus large de rationalisation des sites d’ingénierie du groupe en Île-de-France. Renault entend notamment regrouper davantage d’activités au Technocentre de Guyancourt afin de renforcer les synergies entre les équipes.

Des salariés inquiets pour leurs conditions de travail

Si Renault assure qu’aucun licenciement n’est prévu à ce stade, l’annonce suscite une vive inquiétude parmi les salariés et les organisations syndicales. Les équipes devraient être transférées principalement vers le Technocentre de Guyancourt, mais aussi vers les sites de Lardy, dans l’Essonne, et d’Aubevoye, dans l’Eure.

Cependant, les syndicats dénoncent les conséquences concrètes de cette réorganisation. Ils craignent notamment une augmentation importante des temps de trajet quotidiens pour de nombreux salariés. Certains évoquent également des difficultés liées au stationnement, à la restauration ou encore au manque de bureaux sur les sites d’accueil.

De plus, plusieurs représentants du personnel estiment que ce regroupement risque de dégrader la qualité de vie au travail. Ils redoutent également que certains salariés choisissent de quitter l’entreprise face aux contraintes imposées par cette mobilité.

Une mobilisation syndicale déjà engagée

Face à cette annonce, la contestation s’organise. La CGT, SUD et d’autres organisations syndicales ont rapidement dénoncé une décision jugée brutale. Plusieurs rassemblements ont déjà eu lieu et une pétition a été lancée pour tenter de préserver l’avenir du site.

Les syndicats contestent notamment l’argument d’une baisse durable de l’activité. Selon eux, plusieurs projets de véhicules utilitaires restent en développement, notamment autour des futures gammes électriques. Ils considèrent donc que les compétences présentes à Villiers-Saint-Frédéric demeurent essentielles pour Renault.

Un nouveau coup dur pour l’emploi industriel dans les Yvelines

Au-delà des salariés concernés, cette fermeture soulève des interrogations sur l’avenir industriel du territoire. Depuis plusieurs années, Renault a déjà réduit son empreinte en région parisienne avec la fermeture ou la transformation de plusieurs sites historiques.

Pour de nombreux observateurs, la disparition du centre de Villiers-Saint-Frédéric représente une perte symbolique importante. Pendant plus de six décennies, ce site a participé au développement de l’expertise française dans le domaine des véhicules utilitaires et a contribué à l’activité économique locale.

Un dossier encore suivi de près

Les premiers transferts de salariés devraient débuter à l’automne 2026, avant une fermeture définitive prévue fin 2027. D’ici là, les discussions entre la direction et les représentants du personnel se poursuivront. Les syndicats espèrent encore obtenir des garanties supplémentaires pour les salariés et les prestataires concernés.

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