À Saint-Rémy-lès-Chevreuse, le nouveau mandat de Dominique Bavoil commence avec un signal politique clair : la victoire a été courte. Le maire sortant a été réélu lors des municipales 2026 avec 51,53 % des suffrages, soit 108 voix d’avance sur la liste conduite par Nathalie Idrissi.
Ce résultat resserré change le contexte du mandat. Après une précédente élection plus confortable, Dominique Bavoil doit désormais gouverner une commune où les attentes restent fortes sur plusieurs sujets du quotidien : sécurité, circulation, logement, services aux familles, prévention des inondations et maintien du lien social.
Face à ces enjeux, l’élu revendique une ligne de conduite : rester au contact des habitants et ne pas promettre ce qu’il estime impossible à tenir. “Je suis vraiment un maire de terrain. Je vais sur les différents sites, je vais au contact des gens”, affirme-t-il.
“Le plus facile, c’est de dire oui”
Dominique Bavoil présente son expérience de terrain comme un élément central de sa méthode. Ancien cadre commercial, il dit avoir gardé de ce parcours une capacité à dialoguer avec les habitants, y compris dans les situations conflictuelles.
Mais le maire insiste surtout sur la nécessité de poser des limites. “Il faut savoir dire non. Le plus facile, c’est de dire oui”, résume-t-il. Une phrase qui éclaire sa lecture de la campagne municipale : selon lui, l’écart plus faible entre les deux listes s’explique aussi par son refus de s’engager sur des promesses qu’il juge irréalistes.
Sur la circulation, la sécurité ou l’aménagement, Dominique Bavoil défend une approche prudente. “Il faut une forme de réalisme, une forme d’honnêteté intellectuelle”, estime-t-il. Pour l’élu, le rôle du maire reste encadré : “Un maire a surtout deux devoirs : respecter la loi et la faire respecter.”
Une commune de plus de 8 000 habitants qui veut garder son esprit village
Saint-Rémy-lès-Chevreuse compte plus de 8 000 habitants, mais Dominique Bavoil continue de défendre l’idée d’une commune à taille humaine. Pour lui, l’enjeu n’est pas seulement démographique. Il tient surtout à la capacité des habitants à se rencontrer, à se connaître et à partager des moments communs.
Le maire dit vouloir préserver ce qu’il appelle “l’âme village” de Saint-Rémy-lès-Chevreuse, malgré l’évolution de la société et la progression de l’individualisme. Il cite la tempête de 1999 comme un moment révélateur : privés d’électricité ou de chauffage, de nombreux habitants avaient alors échangé avec leurs voisins. “Il faut des catastrophes comme ça pour que les gens rencontrent leurs voisins. C’est quand même dommage”, observe-t-il.
Pour Dominique Bavoil, la politique locale doit justement éviter que le lien social ne repose seulement sur les crises. Événements, équipements publics, vie associative et services municipaux doivent contribuer à maintenir cette cohésion.
Sécurité : une réponse locale, mais des compétences limitées
La sécurité fait partie des sujets sensibles du mandat. Dominique Bavoil reconnaît l’existence de cambriolages, d’actes de vandalisme, d’incivilités et de tensions liées au partage de l’espace public entre voitures, vélos et piétons.
Mais il conteste l’idée d’une dégradation massive de la situation à Saint-Rémy-lès-Chevreuse.
Sur ce sujet, le maire insiste sur la répartition des rôles. La commune peut agir à son niveau, notamment avec la police municipale, la prévention et les aménagements. Mais elle doit aussi travailler avec la gendarmerie et les services de l’État. “Un maire doit rester à sa place”, rappelle-t-il.
Dominique Bavoil alerte également sur des formes d’insécurité moins visibles : les violences intrafamiliales et les délits sur internet. Il regrette notamment le manque de participation aux réunions publiques de prévention organisées avec la gendarmerie.
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Logement social : le maire demande une application plus adaptée de la loi SRU
Le dossier du logement social s’annonce comme l’un des plus complexes du mandat. Dominique Bavoil ne remet pas en cause le principe de la loi SRU, mais il critique son application uniforme à des territoires très contraints.
À Saint-Rémy-lès-Chevreuse, le maire rappelle la présence de zones naturelles, de rivières, de risques d’inondation, de sites classés et de contraintes environnementales. Selon lui, ces caractéristiques réduisent fortement les marges de manœuvre pour construire.
“Chaque territoire a ses spécificités, ses enjeux”, défend-il. Dominique Bavoil plaide pour une politique publique plus différenciée, capable de tenir compte des réalités locales. Il met aussi en avant la question du bassin de vie : selon lui, les logements sociaux devraient davantage répondre aux besoins des personnes qui travaillent déjà sur le territoire, notamment dans les établissements de santé ou les entreprises locales.
Inondations : l’expérience des crises comme fil conducteur
Les inondations ont aussi marqué les derniers mandats à Saint-Rémy-lès-Chevreuse. Dominique Bavoil évoque notamment les événements d’octobre 2024, au cours desquels la commune a dû gérer des situations d’urgence.
L’élu affirme qu’aucune victime n’a été à déplorer lors de ces épisodes. Il insiste toutefois sur la difficulté de ces moments pour les habitants touchés comme pour les équipes mobilisées. “Il faut être là, au plus proche des sinistrés”, explique-t-il.
Pour le maire, la gestion de crise repose sur l’anticipation, les bons réflexes et la coordination entre les services municipaux, les pompiers, la gendarmerie, la police municipale, les associations comme la Croix-Rouge et les habitants volontaires. Il refuse cependant de laisser croire que les catastrophes naturelles pourraient disparaître “en claquant des doigts”.
La flamme olympique, souvenir fédérateur du mandat
À côté des crises, Dominique Bavoil retient aussi des moments de rassemblement. Le passage de la flamme olympique à Saint-Rémy-lès-Chevreuse figure parmi les souvenirs les plus forts du précédent mandat.
L’événement, passé notamment par le château de Coubertin, a mobilisé une grande partie de la commune. Le maire évoque un moment “inoubliable”, capable de rassembler les habitants au-delà des clivages habituels.
Ce contraste entre gestion de crise et événements fédérateurs résume une partie de sa vision du mandat local : protéger, organiser, arbitrer, mais aussi créer des moments communs.
2032 en ligne de mire, mais sans engagement
Interrogé sur la possibilité d’un nouveau mandat en 2032, Dominique Bavoil reste prudent. “On ne sait jamais de quoi est fait l’avenir, mais l’âge avançant, il faut être raisonnable”, répond-il.
Le maire insiste plutôt sur la transmission et la préparation de la suite. Pour lui, une commune ne se construit pas sur un seul mandat. “L’histoire d’un territoire, d’une ville ou d’un village, ça ne s’écrit pas sur une mandature. Ça s’inscrit dans le temps long.”