Invité de Café politique sur tv78, Lorrain Merckaert, maire de Montigny-le-Bretonneux et nouveau président de Saint-Quentin-en-Yvelines, détaille sa méthode pour diriger l’agglomération. Proximité, gouvernance, finances, développement économique et ligne 18 : l’élu veut ouvrir une nouvelle séquence pour SQY.
Ce qu’il faut retenir
- Lorrain Merckaert veut rapprocher Saint-Quentin-en-Yvelines des habitants en valorisant les services du quotidien.
- Le nouveau président de SQY annonce un travail sur un projet de territoire et une réflexion sur les politiques publiques à maintenir.
- Ligne 18, attractivité économique et évolution des bureaux figurent parmi les grands dossiers de la mandature.
Un nouveau rôle à la tête d’une agglomération stratégique
Élu président de Saint-Quentin-en-Yvelines le 9 avril 2026, Lorrain Merckaert succède à Jean-Michel Fourgous à la tête de l’agglomération. Le maire de Montigny-le-Bretonneux était le seul candidat en lice lors du conseil d’installation. tv78 indiquait alors qu’il avait obtenu 53 voix contre 23 bulletins blancs.
Dans Café politique, l’élu dit aborder cette nouvelle fonction avec “satisfaction” et “un sentiment d’honneur”, mais aussi avec prudence. “Lorsque vous accédez à une nouvelle responsabilité, cette notion de responsabilité vous oblige à ne pas arriver en terrain conquis”, explique-t-il.
Saint-Quentin-en-Yvelines regroupe 12 communes et se présente comme un territoire structurant de l’ouest francilien. Le site officiel de SQY rappelle que l’agglomération rassemble notamment Coignières, Élancourt, Guyancourt, La Verrière, Les Clayes-sous-Bois, Magny-les-Hameaux, Maurepas, Montigny-le-Bretonneux, Plaisir, Trappes, Villepreux et Voisins-le-Bretonneux.
“L’agglomération du quotidien” comme ligne politique
Lorrain Merckaert veut rendre plus lisible le rôle de Saint-Quentin-en-Yvelines dans la vie des habitants. Il cite l’éclairage public, les réseaux, l’assainissement, l’eau ou encore la collecte des déchets comme autant de compétences qui touchent directement le quotidien.
“Il y a énormément de choses qui sont faites par Saint-Quentin-en-Yvelines, qui touchent directement le quotidien des habitants sans que les habitants s’en rendent forcément compte”, affirme-t-il.
Pour répondre à ce déficit de lisibilité, le président de SQY veut lancer un travail sur un nouveau projet de territoire. Objectif : permettre aux 76 conseillers communautaires de s’approprier les dossiers, poser un diagnostic et définir les priorités pour les années à venir. Le site de SQY confirme que le conseil communautaire est composé de 76 délégués représentant les 12 communes.
Des arbitrages à venir sur les politiques publiques
Le nouveau président ne promet pas de tout conserver. Il estime que SQY devra regarder quelles politiques publiques poursuivre et lesquelles arrêter si les moyens ne permettent pas de tout financer.
Saint-Quentin-en-Yvelines a une histoire particulière, héritée de la ville nouvelle. Lorrain Merckaert rappelle que l’intercommunalité est très intégrée et porte une part importante des compétences exercées entre communes et agglomération.
Dans l’entretien, il insiste sur une méthode : écouter, rechercher le consensus, mais trancher lorsque l’intérêt général l’exige. “Il y aura toujours des personnes qui ne seront pas d’accord, et ça fait partie du jeu”, résume-t-il.
La double casquette maire-président assumée
Lorrain Merckaert conserve son mandat de maire de Montigny-le-Bretonneux, où il a été réélu dès le premier tour des municipales 2026 avec 72,53 % des suffrages, selon les résultats publiés par tv78.
Interrogé sur son organisation, l’élu explique vouloir continuer à être présent sur le terrain, à Montigny-le-Bretonneux comme dans les autres communes de SQY. Il revendique une approche de proximité, complémentaire du travail sur les dossiers.
“C’est vraiment dans ce rapport direct avec les habitants. Ça, j’y suis très attaché”, affirme-t-il.
Sur le risque de “montigniser” Saint-Quentin-en-Yvelines, Lorrain Merckaert répond par la gouvernance. Il rappelle qu’une intercommunalité est un établissement public de coopération intercommunale et non une mairie bis. Selon lui, le maire reste la voix directe de sa population.
Attractivité économique, bureaux et ligne 18
Le développement économique fait partie des grands enjeux évoqués dans l’émission. Lorrain Merckaert reconnaît que le télétravail et la crise de l’immobilier ont modifié les équilibres, notamment sur les bureaux.
Il mise toutefois sur la fidélité des entreprises au territoire, le cadre de vie et le travail des équipes de SQY pour préserver l’attractivité économique. Saint-Quentin-en-Yvelines met aussi en avant son positionnement au cœur de Paris-Saclay et ses filières d’excellence, notamment la santé, la défense, la sécurité ou l’aéronautique.
Autre dossier central : la ligne 18 du Grand Paris Express. La Société des grands projets indique que cette ligne reliera l’aéroport Paris-Orly à Versailles et desservira notamment le plateau de Saclay, Saint-Quentin-en-Yvelines et Satory.
Pour Lorrain Merckaert, l’arrivée d’une gare marque “un avant et un après” pour un territoire. Il y voit une bascule majeure pour les déplacements des habitants, des salariés et des entreprises.
Une lecture locale de la polarisation nationale
Sans entrer dans la politique partisane, Lorrain Merckaert juge la polarisation nationale “préoccupante”. Il oppose cette tension à ce qu’il dit observer au niveau local : la recherche de solutions par le dialogue, la coopération et la compréhension des dossiers.
L’élu revendique une sensibilité centriste et une méthode fondée sur l’écoute. Une approche qu’il estime compatible avec la prise de décision, y compris lorsque les arbitrages sont difficiles.