Grèves à la SNCF : pourquoi les mouvements sociaux reviennent-ils si souvent ?

Publié le 06 novembre 2026

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Grèves à la SNCF : pourquoi les mouvements sociaux reviennent-ils si souvent ?

Mathis Ribeiro

Chronique

Emploi, retraites, salaires ou conditions de travail : les raisons des grèves à la SNCF traversent les décennies. Le mouvement social du 5 novembre 2026 rappelle une réalité bien ancrée dans l’histoire ferroviaire française. Mais pourquoi les conflits entre syndicats et direction reviennent-ils aussi régulièrement ?

Des grèves qui rythment l’histoire de la SNCF

À la SNCF, les mouvements sociaux ne datent pas d’hier. Depuis 1947, l’entreprise a connu des grèves chaque année, selon ses données historiques.

Le 5 novembre 2026, les quatre organisations syndicales représentatives ont de nouveau appelé à une mobilisation nationale. Un mouvement qui s’inscrit dans une longue histoire de tensions sociales.

Au fil des décennies, les revendications évoluent. Pourtant, plusieurs sujets reviennent régulièrement au cœur des négociations.

Emploi et retraites : des revendications récurrentes

Dès 1993, les effectifs de la SNCF alimentent les tensions. L’entreprise cherche alors à réduire le nombre de postes, notamment en limitant les recrutements pour ne pas remplacer tous les départs. Les retraites constituent également un point de crispation majeur.

En 1995, puis en 2019 et en 2023, les projets de réforme provoquent d’importantes mobilisations chez les cheminots. À chaque fois, les syndicats dénoncent une remise en cause des droits sociaux, tandis que les pouvoirs publics défendent la nécessité de faire évoluer le système.

La réforme de 2018, un tournant majeur

En 2018, la transformation du secteur ferroviaire déclenche un conflit particulièrement long. Au centre des débats : l’ouverture à la concurrence et la fin des recrutements sous le statut de cheminot à partir de 2020.

Les syndicats s’opposent à cette réforme, qu’ils considèrent comme une remise en cause du modèle historique de la SNCF. La mobilisation débute le 3 avril et se poursuit jusqu’au 28 juin. Pendant près de trois mois, les cheminots alternent des périodes de deux jours de grève et de trois jours de reprise.

Résultat : les perturbations se multiplient sur le réseau ferroviaire et compliquent les déplacements de nombreux voyageurs.

Pourquoi les conflits se répètent-ils ?

Derrière ces mouvements sociaux, un mécanisme revient régulièrement. Lorsqu’une réforme modifie les conditions de travail ou les droits des salariés, les syndicats peuvent y voir un recul social.

De leur côté, la direction de la SNCF et les pouvoirs publics mettent notamment en avant les contraintes économiques et les besoins de transformation de l’entreprise. Lorsque les négociations ne permettent pas de trouver un accord, la grève devient alors un moyen de pression.

Cependant, les conséquences se répercutent directement sur les usagers, confrontés aux suppressions de trains et aux retards. Pour mieux anticiper ces perturbations, la SNCF communique désormais ses prévisions de circulation la veille des mouvements sociaux.

En 2026, le pouvoir d’achat au cœur des tensions

Cette année, les revendications portent principalement sur les rémunérations. Les organisations syndicales réclament notamment une augmentation générale des salaires, une revalorisation des primes et la mise en place d’un treizième mois.

Face à ces demandes, la direction a proposé une prime exceptionnelle de 400 euros. Une mesure jugée insuffisante par les syndicats, qui souhaitent obtenir des améliorations durables du pouvoir d’achat.

Ainsi, près de huit décennies après les premiers mouvements sociaux recensés, les revendications salariales restent au centre des tensions.

Les motifs changent, les réformes se succèdent, mais la grève demeure l’un des principaux leviers de négociation des cheminots. Et pour les voyageurs, chaque nouvelle mobilisation soulève la même question : combien de trains circuleront ?

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