Ostéopathe et doula, Inès Françon accompagne les femmes tout au long de leur grossesse et au-delà, en mêlant soutien physique et accompagnement émotionnel. Une approche encore méconnue en France, mais qui répond à un besoin croissant, notamment face aux difficultés vécues pendant la maternité et le post-partum.
« La doula, c’est la femme au service de », explique Inès Françon, en référence à l’origine grecque du terme. Apparue il y a une trentaine d’années aux États-Unis, cette profession vise à accompagner les femmes dans les grands passages de leur vie. « Ça peut être au moment de la grossesse, à l’approche de l’accouchement, lors du post-partum, voire au moment des premières règles ou lors des périodes de deuil », liste-t-elle. « On est là pour les soutenir dans ces moments-là, physiquement et émotionnellement. »
“Elle m’a accompagnée émotionnellement tout au long de ma grossesse”
Contrairement aux sages-femmes ou aux médecins, la doula n’intervient pas sur le plan médical. Son rôle est d’offrir un espace d’écoute et de soutien. « Elle peut aider la femme et le couple à se questionner pour faire des choix qui leur ressemblent », ajoute Inès Françon. Passionnée par la périnatalité depuis l’enfance, Inès Françon s’est d’abord formée comme ostéopathe. « Dans mon métier, j’ai été amenée à m’occuper de nourrissons, de femmes enceintes et de couples dans leur parcours de conception », explique-t-elle. Après huit ans d’exercice, elle se forme au métier de doula et lance son activité en juin 2025.
Depuis, la doula a lancé son programme baptisé Renaissance, qui peut s’étendre sur neuf mois. « Le but est que la future maman puisse vivre une grossesse sereine, préparer un accouchement et un post-partum doux », explique-t-elle.
« J’étais assez angoissée, je ne savais pas comment mon corps allait réagir », raconte Naïana Ulrich, future mère.
Grâce à sa formation d’ostéopathe, Inès accompagne aussi les femmes enceintes physiquement. Pour la future maman du jour : « je vais relâcher les muscles et mobiliser les articulations pour redonner du mouvement », explique-t-elle lors de la séance. Sur la table d’ostéopathie, Naïma Ulrich explique avoir fait appel à une doula pour l’accompagner dans sa grossesse. « Inès m’a vraiment accompagnée émotionnellement tout au long de ma grossesse. Elle a été à l’écoute de peurs et d’angoisses que je ne souhaitais pas partager avec une sage-femme ou un gynécologue », partage-t-elle.
Dépression post-partum : le suicide, première cause de mortalité maternelle
L’accompagnement des femmes est nécessaire selon la professionnelle qui dénonce un manque de soutien auprès des femmes, notamment lors du post-partum. « Nos sociétés soutiennent peu les mères, surtout après l’accouchement alors que les dépressions post-partum sont fréquentes », estime-t-elle. Alors qu’elles touchent entre 10 et 20 % des femmes après un accouchement selon l’Agence Régionale de Santé, cette période peut parfois mener les jeunes mères à commettre l’irréparable.
D’après le 7e rapport de l’ENCMM (l’Enquête Nationale Confidentielle sur les Morts Maternelles), 17 suicides maternels de cause psychiatrique ont lieu chaque année. Soit, une femme toutes les trois semaines. Par conséquent, le suicide est aujourd’hui considéré comme la première cause de mortalité maternelle dans l’année suivant la naissance, devant les maladies cardiovasculaires.