Dakar 2026 : Jean-Pierre Strugo, 79 ans, boucle son ultime édition

Publié le 16 janvier 2026

Partager

Dakar 2026 : Jean-Pierre Strugo, 79 ans, boucle son ultime édition

Montage : Wilfried Richy, WIlliam Morel / Article : Wilfried Richy, William Morel / Crédit vidéos et photos : Jean-Pierre Strugo

Chronique

Dernière mise à jour : 19 janvier 2026.

À 79 ans, Jean-Pierre Strugo est de nouveau au départ du Rallye Dakar. Engagé avec MD Rallye Sport aux côtés de son copilote Kevin Morel, le pilote français dispute l’édition 2026 en Arabie saoudite. Une course abordée sans obsession du classement, mais avec une exigence intacte : aller au bout.

tv78 est pour deuxième année consécutive le partenaire média de l’yvelinois Jean-Pierre Strugo.


Cette page propose un suivi éditorial complet, actualisé tout au long de l’épreuve.

Fiche pilote

Pilote
Jean-Pierre Strugo (FRA)
Copilote
Kevin Morel (FRA)
Numéro
278
Équipe
MD Rallye Sport
Véhicule
Optimus MD
Catégorie
Auto – T1.2 (prototypes 4×2)

Source : dakar.com (fiche concurrent et données officielles).

Dakar 2026 : le point résultats, étape par étape

Prologue : une mise en route déjà très sélective

Le Dakar 2026 a débuté par un prologue loin d’être symbolique. Long pour ce format, avec 23 kilomètres chronométrés, il a immédiatement mis les équipages face à une grande variété de terrains.

Le tracé alternait sable, ornières marquées et premières difficultés de navigation, dans un décor spectaculaire. Sur une spéciale courte, la moindre erreur pouvait déjà coûter cher, l’écart se jouant en quelques minutes.

Jean-Pierre Strugo et Kevin Morel ont choisi une approche volontairement prudente, privilégiant la gestion du risque à la performance brute.

« Il y a plus à perdre qu’à gagner sur un prologue. Un tonneau, une crevaison ou un problème mécanique peuvent déjà compromettre la suite. »
Jean-Pierre Strugo

À l’issue de cette mise en jambes, l’équipage signe le 63e temps, un résultat conforme à l’objectif fixé par le pilote français, qui vise une place dans la première moitié du classement général sur l’ensemble du rallye.

À l’intérieur de l’étape 1 : un apprentissage grandeur nature

L’étape 1 a marqué l’entrée immédiate dans le vif du sujet, avec 305 kilomètres de spéciale, déjà très exigeants pour les organismes comme pour la navigation.
Cette première grande journée de course avait valeur de test, notamment pour Kevin Morel, engagé dans sa première expérience complète du rallye-raid automobile à ce niveau.

La journée a été rythmée par plusieurs faits de course typiques d’un début de Dakar :

  • une crevaison, a priori sans gravité
  • un problème de batterie sur le pistolet de roue, obligeant un desserrage manuel
  • environ 15 minutes perdues sur cet incident
  • un peu de « jardinage », classique sur ce type de terrain
  • deux zones à vitesse limitée non annoncées, entraînant 18 minutes de pénalité

L’addition est lourde au classement, mais l’équipage reste dans la course, sans souci mécanique majeur.

« L’addition est lourde, on est très loin au classement, mais le rallye ne fait que commencer. Il va encore se passer beaucoup de choses. »
Jean-Pierre Strugo

Étape 2 (5 janvier) : Yanbu → Al Ula

Dès aujourd’hui, les concurrents entrent dans le vif du sujet avec la première très grande spéciale de cette 48e édition du Dakar.

  • Distance totale : 504 km
  • Spéciale : 400 km

Cette étape marque un changement de décor et de difficulté. Les équipages doivent composer avec un terrain plus exigeant, alternant rochers acérés, sables brûlants et premières dunes du rallye.
Un parc d’assistance intermédiaire est prévu en milieu de spéciale, permettant d’effectuer d’éventuelles réparations.

Une journée clé pour poursuivre l’apprentissage, gérer la mécanique et confirmer la fiabilité de l’équipage Strugo–Morel.

Étape 3 (6 janvier) : Al Ula → Al Ula

Étape très exigeante en navigation autour d’Al Ula. Un terrain piégeux, fait de longues portions rapides et de choix d’itinéraires déterminants. Malgré la difficulté, Kevin a parfaitement géré la spéciale, faisant preuve d’une vraie maîtrise pour un pilote débutant. Bilan positif à l’arrivée, sans erreur majeure. Tout est sous contrôle pour la suite.

Étape marathon : l’épreuve de vérité

Après une entame de rallye déjà exigeante, l’étape marathon a marqué un tournant dans le Dakar 2026 de l’équipage Strugo–Morel.

Jeudi 8 janvier, lors de la seconde partie de l’étape marathon, Jean-Pierre Strugo et Kevin Morel ont vécu une journée particulièrement compliquée. Une accumulation d’erreurs et d’incidents est venue alourdir un bilan déjà exigeant physiquement et mentalement.

Points GPS manqués, crevaison dans la poussière, ensablement en tentant de tracter un autre véhicule Optimus en panne. L’équipage concède près de six heures au fil de la spéciale.
« Nous avons accumulé les bêtises, mais malgré tout on s’est bien amusés. Kevin a appris presque toutes les erreurs à éviter », résume Jean-Pierre Strugo.

Sans assistance mécanique autorisée sur cette étape, la soirée se déroule au bivouac marathon dans des conditions rudimentaires. Dîner lyophilisé autour d’un feu de bois, nuit sous la tente, avec l’espoir de voir arriver le camion d’assistance le lendemain matin pour récupérer une roue.

Au regard du contexte général, l’équipage limite la casse. Plusieurs concurrents ont été lourdement touchés. Trois véhicules Optimus sont déjà contraints à l’abandon sur cette étape marathon.
Strugo et Morel, eux, sont toujours en course.

Étape 4 (Marathon Partie 1) – 7 janvier

Al Ula → Bivouac Marathon

La première des deux étapes marathon, avec un parcours séparé pour les voitures, buggies et camions d’un côté, et les motos et quads de l’autre. C’est une nouvelle grosse spéciale de plus de 450km, alors que les Dakaristes traversent les paysages spectaculaires d’Al Ula pour rejoindre un bivouac isolé et sans assistance, au cœur du désert. Le Dakar est aussi un formidable égaliseur et, ici, même les grands champions du monde devront être totalement autonomes : monter leur tente, préparer leur lit et cuisiner sous les étoiles. « Ils auront un sac de couchage avec un petit matelas sous une tente », explique David Castera, la patron du Dakar. « Cette fois, les rations sont meilleures avec de la soupe, des légumes, des pâtes, le café du matin, des desserts – tout ce qu’il faut – mais les concurrents devront les chauffer, ajouter l’eau. Mais c’est ça, le Dakar. C’est ça, l’aventure. »

Étape 5 – Marathon (partie 2) | 8 janvier

Bivouac marathon → Hail

  • Distance totale : 428 km
  • Spéciale : 372 km

Après une journée éprouvante, cette cinquième étape se veut légèrement plus directe. Les équipages disposent d’un court temps de réparation avant de rallier Hail. Un répit relatif, voulu par les organisateurs afin de préparer les concurrents à affronter une sixième étape annoncée comme l’une des plus difficiles de cette édition.

Étape 6 – 9 janvier

Hail → Riyad

  • Distance totale : 920km
  • Spéciale : 331km

Le jour de repos se profile, mais, avant cela, les Dakaristes devront affronter des dunes gigantesques pour rejoindre Riyad. L’organisateur de cette édition ne s’attend pas à ce que tous les Dakaristes relèvent ce défi en une seule journée et, à titre exceptionnel, il maintiendra le bivouac de la capitale ouvert jusqu’à 14h le samedi afin de laisser aux concurrents le maximum de temps pour traverser les dunes et atteindre le jour de repos.

Journée de repos : 10 janvier 2026

Avant la journée de repos, l’équipage de Jean-Pierre Strugot a disputé l’une des étapes les plus exigeantes du Rallye Dakar : près de 900 kilomètres au total, dont 320 km de spéciale intégralement dans les dunes. Cette étape a servi de véritable baptême du feu pour Kevin, avec une progression maîtrisée jusqu’aux derniers kilomètres disputés de nuit. L’équipage poursuit ainsi sa remontée progressive au classement avant une journée de récupération.

Étape 7 – 11 janvier

Riyad → Wadi Ad-Dawasir

  • Distance totale : 876km
  • Spéciale : 462km

À mi-parcours du Rallye Dakar, Jean-Pierre Strugot et son copilote Kevin bénéficient d’une journée de repos consacrée à la mécanique. L’Optimus ne présente pas de problème majeur ; l’embrayage a été remplacé par précaution et les principaux organes contrôlés. Malgré un classement en retrait par rapport aux objectifs initiaux, l’équipage et la voiture sont en condition pour aborder une seconde partie de course annoncée plus exigeante. La septième étape lance le trajet retour vers Yanbu, avec près de 500 km de spéciale à travers dunes et zones de navigation délicates.

Étape 8 – 12 janvier

Wadi Ad-Dawasir → Wadi Ad-Dawasir

  • Distance totale : 717km
  • Spéciale : 481km

Nouvelle étape marquante pour Jean-Pierre Strugot sur le Rallye Dakar, la plus longue et la plus variée depuis le départ. Le parcours a alterné dunes, plateaux rapides et navigation exigeante, avant une fin de spéciale menée à un rythme élevé, proche de la vitesse maximale autorisée. L’équipage poursuit sa progression au classement et entame la seconde semaine dans de bonnes conditions. L’étape s’inscrivait dans une boucle de près de 480 kilomètres autour de Wadi Ad-Dawasir, avec le retour du départ de masse, réservé à la catégorie Classic. À noter, un incident sans gravité impliquant Stéphane Peterhansel, illustrant les difficultés du terrain.

Étape 9 (Marathon Partie 1) – 13 janvier

Wadi Ad-Dawasir → Bivouac Marathon

  • Distance totale : 531km
  • Spéciale : 410km

L’équipage de Jean-Pierre Strugot vient de boucler l’étape la plus exigeante depuis le départ du Dakar. Longue de 480 kilomètres de spéciale, elle a cumulé dunes techniques, navigation délicate et rythme soutenu. Malgré quelques points GPS manqués entraînant des pénalités, la progression reste positive avec un gain de trois places au classement général, désormais 43e. Le rallye entre ensuite dans une nouvelle étape marathon, disputée sans assistance, avant une journée annoncée décisive dans les dunes.

Étape 11 – 15 janvier

Bisha → Al Henakiyah

  • Distance totale : 882 km
  • Spéciale : 347 km

Lors de la 10ème étape, Jean-Pierre Strugot a été victime d’un tonneau par l’avant dans les dunes. La voiture a subi des dommages limités à la carrosserie et au système d’admission d’air. Le camion d’assistance, immobilisé dans le sable, n’a pas pu intervenir immédiatement. Une réparation a toutefois pu être effectuée sur place avec l’aide de Joan et de deux mécaniciens, permettant à l’équipage de reprendre la route en direction du bivouac. Une incertitude subsiste quant à l’autorisation de repartir le lendemain, l’arceau de sécurité présentant une légère déformation.

L’étape suivante relie Bisha à Al Henakiyah, avec 882 kilomètres au total dont 347 de spéciale. Après plusieurs journées éprouvantes dans les dunes, les concurrents mettent le cap vers la région de Madinah pour l’une des étapes les plus longues en distance cumulée, avec une arrivée au bivouac attendue tard dans la nuit.

Étape 13 – 17 janvier

Yanbu → Yanbu

  • Distance totale : 141 km
  • Spéciale : 105 km

Pour la dernière grande spéciale du Rallye Dakar 2026, l’équipage de Jean-Pierre Strugot a affronté un tracé particulièrement sélectif, alternant pistes caillouteuses, passages trialisants dans les rochers et deux cordons de dunes très exigeants. Un ensablement est survenu, sans conséquence, avant une reprise prudente vers le dernier bivouac.

L’ultime étape se dispute autour de Yanbu, avec 105 kilomètres de spéciale. Pour cette dernière journée, Jean-Pierre Strugot a choisi de confier le volant à Kevin, concluant le rallye sur une note symbolique, également marquée par l’anniversaire du copilote.

Étape finale

La courte étape finale du Rallye Dakar a été marquée par une forte charge émotionnelle pour Jean-Pierre Strugot. Pour cette dernière spéciale disputée autour de Yanbu, le pilote a confié le volant à Kevin, concrétisant un passage de relais symbolique après treize jours de course. L’épreuve se conclut ainsi au terme d’un parcours riche en rebondissements, tant sur le plan sportif que mécanique.

Dans un contexte de compétition toujours plus relevé, l’objectif principal reste atteint, avec un rallye mené à son terme, une condition physique préservée et une aventure partagée au fil des étapes.

à suivre…

Le Dakar 2026 se termine le 17 janvier 2026, avec arrivée et podium final à Yanbu en Arabie saoudite.

Jean-Pierre Strugo, une mémoire vivante du Dakar

Doyen de l’édition 2026, Jean-Pierre Strugo traverse l’histoire du Dakar depuis près de quarante ans. Présent sur l’épreuve depuis 1985, il a traversé toutes les grandes ères du rallye-raid : le Dakar africain, la période sud-américaine puis l’édition saoudienne. Une longévité exceptionnelle dans une discipline marquée par l’usure des hommes et des machines.

Avec 21 participations au Dakar, une victoire d’étape et surtout une 7e place au classement général en 1997, Jean-Pierre Strugo symbolise une autre lecture de l’épreuve. Celle du temps long, de l’expérience accumulée et de la régularité, loin de la seule logique de performance instantanée.

En 2026, à 79 ans, il s’engage une nouvelle fois sur le Dakar avec cette même philosophie. Un engagement guidé par la transmission, l’envie intacte de courir et la volonté de rester acteur d’une épreuve qu’il a vu évoluer, sans jamais cesser d’y participer.Jean-Pierre Strugo, une mémoire vivante du Dakar

Repères

  • 1985 : première participation au Dakar.
  • 1997 : 7e au classement général (meilleure performance au général).
  • 2024 : abandon à l’étape 12.
  • 2026 : retour au Dakar à 79 ans, doyen de l’édition.

Source : dakar.com (historique pilote et édition 2026).

Dakar 2026 : un projet de transmission

Pour cette édition, Jean-Pierre Strugo partage le cockpit avec Kevin Morel, 37 ans. Un binôme intergénérationnel construit autour de la transmission. Pour Kevin Morel, il s’agit d’une première expérience complète en rallye-raid automobile à ce niveau.

L’objectif est clair : apprendre, progresser, gérer et rallier l’arrivée. Le classement reste secondaire face à l’expérience accumulée au fil des étapes.

« Je suis en pré-retraite mais super motivé pour ce Dakar 2026. »
Jean-Pierre Strugo

Le Dakar 2026 : un parcours exigeant, pensé pour durer

L’édition 2026 du Dakar se dispute intégralement en Arabie saoudite, sous la forme d’une grande boucle avec départ et arrivée à Yanbu, du 3 au 17 janvier.
Au total, les concurrents devront parcourir environ 8 000 kilomètres, dont près de 5 000 kilomètres chronométrés, à travers un tracé conçu pour éprouver autant la mécanique que les équipages.

Le parcours comprend notamment deux étapes marathon, dont une double étape sans assistance au bivouac, ainsi qu’une journée de repos programmée à Riyad le 10 janvier.
Un enchaînement exigeant, qui confirme la philosophie de ce Dakar 2026 : la gestion, l’endurance et la régularité primeront sur la vitesse pure.

Les tags liés a cet article :

Aujourd'hui