Deux jours après l’attaque meurtrière survenue à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines, Jamel Debbouze est sorti de son silence. L’humoriste et comédien, qui a grandi à Trappes, a partagé un message sur Instagram pour exprimer sa douleur et dénoncer le racisme. Une prise de parole rare pour l’artiste, profondément attaché à la ville de son enfance.
« Cette haine, ce racisme, il faut les regarder en face »
C’est un message chargé d’émotion que Jamel Debbouze a publié sur Instagram, samedi 24 octobre. Alors que sa ville d’enfance vient d’être frappée par une attaque meurtrière, l’humoriste a tenu à exprimer son soutien aux victimes et à leurs proches.
« Je suis profondément bouleversé par l’horreur qui a frappé la ville de mon enfance, Trappes », a-t-il écrit.
L’artiste a notamment adressé ses pensées à la famille de l’homme tué, aux blessés et à la fillette de 12 ans grièvement touchée lors de la fusillade.
Mais au-delà de l’hommage, Jamel Debbouze a également souhaité dénoncer la haine raciale. « Cette haine, ce racisme, il faut les regarder en face, les nommer, ne jamais les banaliser », a-t-il insisté, avant de conclure par ces mots : « J’ai mal à ma France. »
Une réaction particulièrement symbolique pour celui qui a fait ses premiers pas sur scène à Trappes, notamment auprès d’Alain Degois, dit Papy, fondateur du Déclic Théâtre. Ce dernier a également exprimé sa douleur après le drame.
Un mort et cinq blessés : retour sur l’attaque de Trappes
Vendredi 23 octobre, vers 10 heures, un homme armé a ouvert le feu à plusieurs reprises depuis son véhicule dans les rues de Trappes, puis de La Verrière.
Selon les éléments communiqués par le Parquet national antiterroriste, le tireur présumé a d’abord visé un véhicule dans lequel se trouvaient une mère et sa fille, sans les blesser. Il a ensuite tiré en direction d’une maison de santé.
Un homme de 26 ans, identifié comme Pengo Bossio Wangi, a été mortellement touché à proximité du square Louis-Pergaud. Deux autres personnes ont été blessées près d’une station-service à Trappes.
L’assaillant présumé a ensuite poursuivi sa route vers La Verrière, où trois autres personnes ont été blessées, notamment à proximité de la pharmacie du Bois-de-l’Étang.
Le bilan actualisé au dimanche 25 octobre fait état d’un mort et de cinq blessés, dont une fillette de 12 ans. Son état restait particulièrement préoccupant samedi, même si une stabilisation avait été évoquée.
Le suspect, âgé de 39 ans, a été interpellé à Coignières par les policiers de la brigade anticriminalité, après un parcours meurtrier d’environ quinze minutes.
Une enquête antiterroriste et une ville sous le choc
Le Parquet national antiterroriste s’est saisi de l’affaire. Une enquête a été ouverte pour assassinat et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec une circonstance aggravante liée à l’origine ou à la religion réelle ou supposée des victimes.
La garde à vue du principal suspect a été prolongée samedi. Trois personnes de son entourage familial et amical ont également été placées en garde à vue dans le cadre des investigations.
Vendredi soir, Emmanuel Macron s’était rendu à Trappes pour rencontrer les élus, les secours et les habitants. Le président de la République avait dénoncé un « attentat terroriste raciste », appelant les Français à ne pas céder aux divisions.
Samedi, plusieurs centaines de personnes se sont également rassemblées à Trappes pour rendre hommage aux victimes.
Dans cette ville encore profondément marquée par le drame, les mots de Jamel Debbouze viennent rejoindre les nombreux témoignages de solidarité. Une prise de parole qui dépasse l’émotion personnelle et appelle à ne jamais banaliser le racisme.