La garde à vue de Kévin T. a repris lundi
L’enquête se poursuit quatre jours après l’attaque qui a frappé Trappes et La Verrière. Lundi 26 octobre, le procureur national antiterroriste Olivier Christen a annoncé la reprise de la garde à vue de Kévin T.
Cette mesure avait été interrompue après plusieurs examens psychiatriques. Le suspect avait notamment tenu des propos incohérents et commis des actes autoagressifs au cours du week-end.
Un nouvel examen réalisé lundi n’a cependant pas relevé de symptômes justifiant une hospitalisation sous contrainte. Les experts ont donc estimé son état compatible avec la poursuite de sa garde à vue.
Celle-ci a repris à 14 h 46 et peut, selon le calendrier communiqué par le procureur, se poursuivre jusqu’au jeudi 29 octobre à 0 h 36.
Le suspect conteste le caractère raciste des crimes
Les enquêteurs peuvent désormais poursuivre les auditions du principal suspect. Selon Olivier Christen, Kévin T. « ne conteste pas la matérialité des faits ».
Il réfute toutefois le mobile raciste retenu à ce stade par le parquet.
Le Parquet national antiterroriste a ouvert une enquête notamment pour assassinat et tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste. Une circonstance aggravante liée à l’appartenance réelle ou supposée des victimes à une race, une ethnie, une nation ou une religion a également été retenue.
Le procureur explique cette qualification par plusieurs éléments de l’enquête, notamment le profil de la majorité des victimes et certains propos qui auraient été tenus par le suspect.
Les investigations doivent désormais permettre de déterminer précisément ses motivations.
Huit scènes de crime et au moins 128 tirs entre Trappes et La Verrière
Les faits remontent au vendredi 23 octobre, peu après 10 heures.
Selon le déroulé présenté par le procureur, Kévin T. aurait parcouru environ 12 kilomètres entre Trappes et La Verrière. Les enquêteurs ont recensé huit scènes de crime différentes.
Le suspect aurait d’abord ouvert le feu depuis sa voiture à plusieurs endroits de Trappes. Square Louis-Pergaud, Pengo Bossio Wangi, âgé de 26 ans, a été mortellement touché.
Le parcours s’est ensuite poursuivi notamment à proximité d’une station-service de Trappes, puis à La Verrière. Plusieurs personnes ont été prises pour cible.
Une enfant de 11 ans a notamment été grièvement blessée lors de la dernière séquence de tirs.
Au total, au moins 128 munitions ont été tirées en quelques minutes, selon le dernier décompte communiqué par le parquet.
Le suspect a finalement été interpellé vers 10 h 20 à Coignières par des policiers de la brigade anticriminalité de Saint-Quentin-en-Yvelines. Il n’aurait opposé aucune résistance.
Un mort et sept blessés selon le dernier bilan
Le bilan a également été précisé lundi.
L’attaque a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi. Quatre autres personnes ont été grièvement blessées et trois plus légèrement.
Trois victimes restaient hospitalisées lundi soir. Le pronostic vital de l’une d’entre elles était toujours engagé.
En revanche, celui de l’enfant de 11 ans, grièvement blessée, ne l’était plus depuis dimanche.
Par ailleurs, huit autres personnes ont été directement visées par les tirs sans être physiquement blessées. Parmi elles figure une autre enfant, âgée de 12 ans.
Des armes retrouvées dans la voiture et un appartement piégé à Plaisir
Lors de l’interpellation, les policiers ont retrouvé plusieurs objets dans la Renault Clio du suspect. Parmi eux figuraient notamment un pistolet-mitrailleur Sten de calibre 9 mm, des chargeurs, des munitions, un pointeur laser, un couteau, une bombe lacrymogène, des menottes ainsi qu’un brassard de police.
Le procureur a par ailleurs indiqué qu’aucun tract de parti politique n’avait été retrouvé dans le véhicule.
Les enquêteurs se sont également rendus au domicile du suspect, situé à Plaisir. L’appartement avait été équipé d’un dispositif utilisant du gaz et deux minuteurs.
Selon le parquet, le montage était relativement rudimentaire et mal configuré, mais il restait fonctionnel et pouvait provoquer une explosion susceptible d’endommager l’appartement ainsi que les logements voisins.
Le RAID est intervenu afin de sécuriser les lieux.
Une enquête antiterroriste qui doit encore éclaircir le mobile
Kévin T., 39 ans et de nationalité française, était inconnu des services de renseignement. Son casier judiciaire comportait quatre condamnations anciennes pour des infractions de droit commun, toutes réhabilitées.
Des analyses toxicologiques ont également révélé la présence de THC et de cocaïne dans son sang.
Quatre personnes de son entourage familial et amical avaient été placées en garde à vue dans les heures suivant les faits. Leurs gardes à vue ont finalement été levées dimanche, sans poursuites à ce stade.
Les enquêteurs de la sous-direction antiterroriste, de la DGSI et de la police judiciaire poursuivent désormais leurs investigations pour comprendre la préparation de l’attaque et déterminer précisément les motivations du suspect.