Né à la maternité de Trappes, tout comme sa fille aînée vingt-trois ans plus tard, Omar Sy est sorti du silence pour dénoncer la fermeture annoncée du service maternité de l’Hôpital Privé de l’Ouest Parisien (HPOP). Son intervention a relancé la mobilisation locale et remis au cœur du débat la question de l’accès aux soins de proximité dans les Yvelines.
Omar Sy prend position contre la fermeture de la maternité
Le 15 juin 2026, Omar Sy a publié un message sur le réseau social X pour exprimer son opposition à la fermeture programmée de la maternité de Trappes. Dans ce témoignage personnel, l’acteur rappelle que cet établissement l’a vu naître avant d’accueillir, vingt-trois ans plus tard, la naissance de sa fille aînée.
Cependant, son message dépasse largement le cadre familial. En effet, l’acteur insiste sur le rôle essentiel joué par cette maternité dans la vie de milliers de familles du territoire. Selon lui, un établissement de santé de proximité constitue bien plus qu’un simple service hospitalier : il représente un lieu de vie, de mémoire et de cohésion sociale.
Une fermeture prévue pour décembre 2026
La direction de l’Hôpital Privé de l’Ouest Parisien, appartenant au groupe Ramsay Santé, a annoncé l’arrêt des accouchements à compter du 1er décembre 2026. Cette décision s’appuie notamment sur la baisse de la natalité et sur une activité en recul depuis plusieurs années. En 2024, la maternité a enregistré 682 naissances, soit le plus faible volume du département des Yvelines.
Toutefois, le suivi des grossesses devrait être maintenu sur place. Les futures mères devront en revanche se rendre dans d’autres établissements pour accoucher, notamment au Chesnay-Rocquencourt ou à Rambouillet.
Une mobilisation qui prend de l’ampleur
Depuis l’annonce de cette fermeture, la contestation ne cesse de grandir. D’abord portée par les habitants et les personnels de santé, elle rassemble désormais élus locaux, parlementaires et personnalités publiques.
Quelques jours avant la prise de parole d’Omar Sy, entre 150 et 200 personnes s’étaient déjà réunies devant l’hôpital afin de dénoncer cette décision. Dans la foulée, une pétition en ligne a franchi la barre des 5 000 signatures. L’intervention de l’acteur a contribué à donner une visibilité nationale à cette mobilisation.
Par ailleurs, plusieurs responsables politiques se sont exprimés contre le projet. C’est notamment le cas d’Ali Rabeh, maire de Trappes, ainsi que du député Laurent Mazaury. Tous deux considèrent que la disparition de cette maternité fragiliserait davantage l’offre de soins dans le bassin de Saint-Quentin-en-Yvelines.
Un enjeu de santé publique pour 230 000 habitants
Au-delà de l’émotion suscitée par l’annonce, les opposants soulignent les conséquences concrètes d’une telle fermeture. Le territoire concerné compte près de 230 000 habitants et ne dispose actuellement que de cette maternité. Les établissements les plus proches se situent à plusieurs dizaines de minutes de trajet selon les conditions de circulation.
Pour Omar Sy, l’enjeu est donc avant tout social et sanitaire. L’acteur rappelle que l’accès aux soins de proximité demeure indispensable, notamment pour les familles les plus modestes ou les personnes disposant de peu de moyens de transport. Il estime que la fermeture d’une maternité contribue à éloigner les soins et à renforcer les inégalités territoriales.
Un symbole qui dépasse Trappes
L’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France a exprimé ses réserves face au projet de fermeture, estimant qu’il ne s’inscrit pas dans son objectif de préserver une offre de soins de proximité. Toutefois, l’organisme n’a pas encore annoncé de mesure concrète pour s’y opposer, ce qui entretient l’incertitude autour de l’avenir de la maternité. Parallèlement, la direction a convoqué un comité social et économique extraordinaire afin d’évaluer les conséquences de cette restructuration pour les salariés de l’établissement.