À Saint-Quentin-en-Yvelines, les moutons entretiennent aussi la ville

Publié le 19 mai 2026

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À Saint-Quentin-en-Yvelines, les moutons entretiennent aussi la ville

Montage : Marine de la Barbée / Reportage : Yves Hubstenberger / Article : Wilfried Richy

Émission

À Saint-Quentin-en-Yvelines, l’éco-pâturage s’installe dans plusieurs espaces verts de l’agglomération. Les moutons participent à l’entretien naturel des sites, mais aussi à la sensibilisation des habitants à la biodiversité.

Sur place, la scène attire les regards. Les enfants s’approchent, posent des questions, veulent comprendre comment vit un mouton, pourquoi il faut le tondre, ce que devient sa laine. La tonte devient alors plus qu’un geste technique : un moment d’observation, de transmission et de contact avec le vivant.

Gants, bonnets, pulls, pantalons ou vêtements d’été : la laine peut connaître plusieurs usages après la tonte. Mais dans les espaces verts de Saint-Quentin-en-Yvelines, l’enjeu principal se joue surtout au sol. Les animaux entretiennent la végétation sans moteur, sans bruit de machine, avec un rythme plus lent et plus régulier.


Une alternative aux machines

L’éco-pâturage repose sur une idée simple : confier une partie de l’entretien des espaces verts aux animaux. À Saint-Quentin-en-Yvelines, cette pratique s’inscrit dans une politique plus large d’agriculture urbaine, aux côtés des vergers, de l’apiculture et d’autres projets liés à la nature en ville.

Philippe Fillon, chargé de gestion agriculture urbaine à Saint-Quentin-en-Yvelines, cite notamment la renouée du Japon, une plante invasive difficile à contenir. Le passage des animaux permet, selon lui, de l’affaiblir progressivement. Une coupe mécanique mal maîtrisée pourrait, au contraire, favoriser sa dispersion.

Pour les habitants croisés sur place, l’intérêt est aussi évident dans le paysage. « Il n’y a pas besoin de machine. Ce sont les animaux qui font », résume une riveraine. L’entretien devient moins brutal, plus visible, et modifie le rapport au lieu.

Observer l’effet sur la biodiversité

L’agglomération ne se contente pas d’installer des animaux sur les parcelles. Elle cherche aussi à mesurer ce que leur présence change. Sur une dizaine de sites, des observations de biodiversité sont menées pendant la présence des animaux, puis après leur départ, afin de suivre l’évolution de la faune et de la flore.

L’objectif est de comprendre comment les milieux réagissent : quelles fleurs réapparaissent, quelles espèces s’installent, comment la végétation se transforme. Sur certaines parcelles, la diversité végétale devient très visible. « Quand on voit une parcelle comme ça, avec les différentes fleurs qu’il y a, ça reste magnifique », relève l’un des intervenants.

Le métier de tondeur, lui, rappelle que cette relation avec les animaux demande un savoir-faire. Position du corps, maintien de l’animal, gestes précis : la tonte impose une technique physique, attentive, qui ne s’improvise pas.

Un lien quotidien avec les habitants

L’éco-pâturage crée aussi un rendez-vous informel dans les quartiers. Des promeneurs s’arrêtent, observent les animaux, reviennent le lendemain. Certains les appellent, leur parlent, attendent leur arrivée.

Cette présence transforme l’espace vert en lieu de passage et de discussion. Les animaux deviennent des repères dans le quotidien, une manière de rendre visible une politique de biodiversité qui, sans eux, resterait souvent abstraite.

À Saint-Quentin-en-Yvelines, l’éco-pâturage raconte ainsi une autre façon d’entretenir la ville : plus lente, plus vivante, et plus proche des habitants.

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