À Trappes, Ahmed Agne raconte comment Ki-oon a imposé le manga en France

Publié le 14 mai 2026

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À Trappes, Ahmed Agne raconte comment Ki-oon a imposé le manga en France

Montage : Marine de la Barbée / Article : Wilfried Richy / Reportage vidéo : Yves Hubstenberger

Émission

Cofondateur de Ki-oon, Ahmed Agne revient sur son parcours, de la bibliothèque Anatole-France de Trappes à la création d’une maison d’édition devenue un acteur majeur du manga en France. Dans cet entretien, il défend le manga comme un média à part entière, ouvert à tous les publics, et rappelle son attachement au territoire trappiste.

Ce qu’il faut retenir

  • Ki-oon est née en 2003 autour d’Ahmed Agne et Cécile Pournin, avec un premier ancrage à Trappes.
  • Le manga est présenté par Ahmed Agne comme un mode d’expression complet, pas comme un simple genre réservé aux adolescents.
  • L’éditeur garde un lien local avec Trappes, notamment autour de projets culturels et éducatifs comme Démos.

De la bibliothèque Anatole-France au Japon

Avant Ki-oon, il y a d’abord une histoire de lecture. Ahmed Agne raconte avoir découvert le livre à la bibliothèque Anatole-France de Trappes. En parallèle, les dessins animés japonais diffusés à la télévision dans les années 80 et 90 nourrissent chez lui une deuxième passion.

La jonction entre ces deux univers le conduit vers l’apprentissage du japonais, puis vers un séjour au Japon entre 1999 et 2001. Là-bas, il découvre une production beaucoup plus vaste que celle alors visible en France.

Ki-oon, une aventure éditoriale partie de Trappes

Avec Cécile Pournin, Ahmed Agne fonde Ki-oon au début des années 2000. La société AC MEDIA, qui porte notamment Ki-oon, est créée en 2003.

Depuis, la maison s’est imposée dans le paysage éditorial français. Selon les données publiques consultées, AC MEDIA a réalisé 24,7 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023 et 27,3 millions d’euros en 2024.

“Le manga, c’est vraiment pour tout le monde”

Dans l’entretien, Ahmed Agne insiste sur un point : le manga n’est pas un genre fermé. Pour lui, c’est “un média” et “un mode d’expression”. Il rappelle qu’on peut y trouver de la violence ou de la sexualité, comme dans le cinéma, la littérature ou le jeu vidéo, mais aussi de la poésie, de l’histoire, du romanesque ou de la science.

Ce discours s’inscrit dans une évolution plus large. En France, le manga a totalisé 36 millions d’exemplaires vendus en 2024, pour 309 millions d’euros de chiffre d’affaires, selon l’Arcom. L’autorité relève aussi que 42 % des Français consomment des mangas ou des animés.

Une légitimité désormais acquise

Ahmed Agne estime que le manga n’est plus dans une “course à la légitimité”. Le renouvellement générationnel a changé le regard porté sur cette bande dessinée japonaise. Les lecteurs qui ont grandi avec le manga sont aujourd’hui adultes, parents, libraires, enseignants ou professionnels de la culture.

Cette normalisation se retrouve dans les librairies, les bibliothèques, les festivals et les adaptations audiovisuelles. Ki-oon s’est notamment appuyé sur de grands titres comme My Hero Academia, dont tv78 avait déjà raconté le rôle dans l’ascension de la maison d’édition.

Un attachement revendiqué à Trappes

Au-delà de l’édition, Ahmed Agne revendique un lien fort avec Trappes. Il évoque le travail mené avec la médiathèque, les écoles et le dispositif Démos, qui initie des enfants à la pratique orchestrale.

Porté par la Philharmonie de Paris, Démos vise des enfants de 7 à 12 ans éloignés de la pratique musicale pour des raisons économiques, sociales ou géographiques.

Ahmed Agne relie ce projet à un souvenir personnel : enfant, il rêvait devant un saxophone exposé dans une galerie commerciale de Saint-Quentin-en-Yvelines. Voir aujourd’hui des enfants accéder à un instrument sans barrière financière ou sociale donne, selon lui, tout son sens à l’engagement local de Ki-oon.

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