Médaille d’argent au Championnat de France de Vol Relatif Vertical, Ludovic François, 50 ans, cumule 20 ans de pratique. Fort de son expérience et de sa passion pour le parachutisme, l’Yvelinois se prépare aujourd’hui à représenter la France aux prochains championnats du monde.
Il cumule les médailles… Champion de France avec son équipe l’an passé, il a obtenu la deuxième place du podium cette année. À 50 ans, Ludovic vient d’être récompensé en vol relatif vertical, une discipline extrême de saut en chute libre en soufflerie qui se pratique en équipe. Le but : réaliser des figures ou des formations précises pendant une chute à grande vitesse.
Les 6 et 7 mars derniers avaient lieu la compétition. Sur 10 vols de 35 secondes chacun, l’équipe, formée de 4 participants, devait réaliser un certain nombre de figures. Il en existe 35 à 40, tirées au sort avant chaque passage. L’équipe « Biscotte 17 » défendait son titre, après avoir remporté l’or l’année dernière.
« C’était très serré », explique Ludovic François avec une légère amertume. L’équipe est finalement classée deuxième du championnat. Le titre s’est joué à quelques points.
Amoureux de la chute libre depuis 20 ans
Ludovic habite à Morainvilliers. S’il n’a pas toujours vécu dans les Yvelines, l’homme a passé une grande partie de sa vie dans les airs. Tout commence il y a 20 ans. Sans jamais avoir fait de saut en chute libre, il s’inscrit à une formation de parachutisme. Ludovic n’avait alors jamais sauté en tandem et ne sautera jamais en étant assisté.

« Le premier saut, c’est l’envie, la curiosité ; le deuxième, on a peur, et on continue d’avoir peur jusqu’au dixième ou quinzième », confie Ludovic. À 50 ans, il cumule aujourd’hui plus de 300 sauts en parachute. S’il a perdu une part d’appréhension et d’adrénaline, « malheureusement, j’ai moins peur maintenant », ses sauts ont pris une toute autre ampleur. Il prépare aujourd’hui des concours de « Wingsuit », une discipline de saut en solo depuis l’avion mêlant acrobatie et vitesse, avec une combinaison spéciale équipée d’ailes intégrées — identifiables à celles d’une chauve-souris.
Ses débuts en soufflerie et en équipe
Il y a 10 ans, Ludovic découvre le vol en soufflerie. L’objectif est clair : s’entraîner pour le parachutisme classique à moindre coût. Fan de sensations fortes, il tombe rapidement sous le charme de cette nouvelle forme de vol. « Je me suis très vite pris au jeu », avoue l’Yvelinois. Il rencontre alors d’autres passionnés et forme avec eux l’équipe « Biscotte 17 ».
Pour l’anecdote, Ludovic précise l’origine de ce nom étonnant : « L’un des gars avec qui on sautait s’appelait Heudebert — en référence à la marque de biscotte — et lors d’un concours, une équipe disait qu’elle allait nous faire craquer. Cela a suffi pour qu’on choisisse la biscotte comme nom de groupe. »

Une vie bien chargée, organisée autour des entraînements
Dans la vie, Ludovic est développeur et passe la journée derrière un ordinateur… un quotidien très éloigné des sensations fortes. Mais son métier s’adapte parfaitement à son train de vie et à la cadence de ses entraînements : « Je peux travailler de partout, ce qui me permet de m’entraîner », explique-t-il.
Cette flexibilité est indispensable. Avec les deux disciplines qu’il pratique aujourd’hui, Ludovic a besoin de temps. Pour la Wingsuit, il organise entre 200 et 250 entraînements par an. À cela s’ajoutent les séances de vol en soufflerie pour le vol relatif vertical. Avec « Biscotte 17 », ils se retrouvent tous les mardis soirs pour s’entraîner.
Voler sous les couleurs tricolores
L’équipe de Ludovic a été choisie pour représenter la France à la Coupe du monde de Vol Relatif Vertical, qui se déroule le 9 avril 2026. « On voulait y participer car cette année elle se joue en France », explique l’Yvelinois. Pour cette première participation, il n’y a pas d’objectif de médaille. « En face, ce sont des pros ; nous, on est une équipe d’amateurs. On ne se fait pas trop d’illusions, on y va pour s’amuser », conclut-il.
En parallèle, Ludovic continue de s’entraîner pour atteindre d’autres objectifs. Il aimerait un jour pouvoir représenter les couleurs tricolores, mais cette fois en solo dans sa discipline « Wingsuit ».