Mobilité étudiante Erasmus : l’UVSQ pointe les freins financiers et sociaux

Publié le 13 avril 2026

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Mobilité étudiante Erasmus : l’UVSQ pointe les freins financiers et sociaux

Montage : Marie-Laure Boucard / Interview vidéo : Grégory Canale

Interview

Une étude, menée conjointement par l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) et d’autres établissements européens, met en lumière les freins au départ à l’étranger des étudiants et les solutions envisagées.


Analyser les freins à la mobilité étudiante et proposer des solutions pour la rendre plus accessible. C’est l’objectif du projet REX (Reimagining the Erasmus Experience), conduit depuis deux ans avec plusieurs établissements partenaires en Europe, notamment en Slovénie, en Turquie et en Norvège. L’UVSQ vient d’en dévoiler les résultats.

Un fort intérêt pour l’international, mais peu de départs

L’étude révèle un décalage marqué entre l’envie des étudiants et le passage à l’acte. Près de 83,9 % des étudiants interrogés* se disent favorables à une expérience à l’étranger. Pourtant, seul un tiers d’entre eux concrétise ce projet.

Parmi les principaux freins identifiés, la question financière arrive en tête, citée par 51,3 % des étudiants. Mais d’autres obstacles, moins visibles, jouent également un rôle déterminant : complexité administrative, anxiété, peur de l’isolement ou encore appréhension face à l’inconnu.

Pour comprendre ces mécanismes, le groupe de travail de l’UVSQ, composé notamment des chercheuses Stela Raytcheva et Katia Radja, a mené des enquêtes, des groupes de discussion avec des étudiants et des entretiens avec des professionnels.

Des inégalités persistantes face à la mobilité

Les résultats de l’étude mettent également en évidence plusieurs disparités. D’abord, une inégalité de genre : bien que les femmes représentent 66 % de la population étudiante, les hommes ont une probabilité de départ supérieure de 88 %.

Autre facteur déterminant, le niveau d’études. Un étudiant en doctorat est huit fois plus susceptible de partir à l’étranger qu’un étudiant en licence. Ces écarts illustrent les difficultés d’accès à la mobilité pour certaines catégories d’étudiants, malgré un intérêt globalement élevé.

Une solution innovante : la réalité virtuelle

À partir de ces constats, le projet REX s’oriente désormais vers des solutions concrètes. Parmi elles, le développement d’un outil en réalité virtuelle, conçu par l’Université des sciences appliquées de Norvège occidentale.

Ce dispositif doit permettre aux étudiants de se projeter dans un séjour à l’étranger, en les confrontant à des situations réelles, tant sur le plan pratique qu’émotionnel. L’objectif est de lever certaines appréhensions et d’accompagner la prise de décision.

* Étude « Reimagining the Erasmus Experience »

Mobilité étudiante à l’UVSQ : les chiffres clés

20 000 étudiants à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines

250 étudiants en mobilité à l’étranger pour l’année 2025/2026

64 étudiants internationaux accueillis cette année

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