Réindustrialisation de la France : le ministre de l’Éducation nationale en visite au lycée Jules Ferry à Versailles

Publié le 06 février 2026

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Réindustrialisation de la France : le ministre de l’Éducation nationale en visite au lycée Jules Ferry à Versailles

Montage : Marine De la Barbée / Article : Clara De Frutos / Vidéo : Clara De Frutos et Grégory Canale

Reportage

Alors que la France fait face à un besoin croissant de main-d’œuvre industrielle, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray était au lycée Jules Ferry à Versailles, ce jeudi 5 février. Objectif : valoriser les filières professionnelles et technologiques et encourager, notamment, l’orientation des jeunes filles vers les métiers de l’industrie.


Au lycée Jules Ferry de Versailles, l’heure est à la concentration pour ces élèves en filière professionnelle. Julien et ses camarades sont en plein travaux pratiques. « C’est aussi pour cette raison que j’ai choisi ce baccalauréat professionnel. En ce qui me concerne, étudier en cours sans pratiquer ne m’intéresse pas », partage Julien Chabreuil, élève en Bac Pro REMI. « Et puis en plus d’en apprendre tous les jours, cette formation offre beaucoup de débouchés. Les entreprises ont beaucoup des besoins. »

« Il ne faut pas avoir peur de se lancer »

Tandis que l’établissement Versaillais est devenu un collège technique au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, « le lycée a toujours accompagné les transformations de la société française, des Trente Glorieuses jusqu’à aujourd’hui », raconte Dominique Gobetti, la proviseure de l’école. C’est dans ce contexte que le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, s’est déplacé à Versailles.

L’objectif : promouvoir l’orientation des lycéens et lycéennes vers les métiers de l’industrie. Un secteur dans lequel 60 000 postes sont à pourvoir chaque année. « Quand la France se réindustrialise, il ne faut pas oublier que les futurs techniciens et ingénieurs sont formés dans les écoles », illustre Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale. « Lors de ma visite, j’ai constaté que la France industrielle de demain était bien formée, notamment grâce aux plateaux techniques flambants neufs. Néanmoins, il y a toujours très peu de filles. »

En effet, les femmes restent encore minoritaires dans les filières industrielles : elles représentent moins de 30% des salariés. Un chiffre qui stagne depuis dix ans, et qui se reflète également dans la filière d’enseignement professionnel de l’établissement. Pour cause, la formation ne compte qu’une vingtaine de filles sur 300 élèves. Parmi elles : Lamisse Ziadi. « En ce qui me concerne, j’ai confiance en moi et j’ai la chance d’être soutenue par mes proches », étudiante dans la filière CPI2 au lycée Jules Ferry.

Semaine de l’industrie, plan « Filles et Maths »… Les dispositifs pour susciter des vocations féminines

Pour essayer d’inverser la tendance, plusieurs dispositifs nationaux ont déjà été mis en place. Par exemple depuis 2011, la Semaine de l’industrie valorise les métiers de l’industrie et ses acteurs en proposant des événements pédagogiques et des découverte de métiers. L’un des objectifs affiché : renforcer l’attractivité auprès des jeunes, notamment chez les jeunes filles. Selon les derniers chiffres du ministère de l’Éducation nationale, elles ne représentent que 25 % des étudiants qui intègrent des formations d’ingénieurs et du numérique. Or chaque année, il manque en France plus de 20 000 ingénieurs et 60 000 techniciens.

Autre dispositif mis en place en 2025 par Elisabeth Borne, ancienne ministre de l’Éducation nationale : le Plan Filles et Maths. Celui-ci vise à « former, sensibiliser et susciter des vocations auprès des filles » dès le collège et le lycée, alors que seulement 42 % suivent l’enseignement de spécialité mathématiques en terminale.

Pour cela, trois piliers ont été définis par le ministère de l’Éducation nationale :

  • Former et sensibiliser tous les personnels
  • Rapprocher les filles des mathématiques et des sciences
  • Ouvrir les horizons des jeunes filles et susciter des vocations

D’ici 2030, le ministère souhaite inciter plus de 30 000 filles à choisir la spécialité mathématiques et la garder en terminale, soit 5 000 filles de plus par an dès la rentrée 2025 (environ 2 filles par lycée).

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