Une alternative à l’iode pour préserver les reins.
À l’hôpital privé Parly II au Chesnay-Rocquencourt, les équipes de radiologie interventionnelle utilisent du CO2 comme produit de contraste lors de certains examens des artères. Cette technique permet d’examiner les vaisseaux sanguins tout en limitant les risques pour les patients souffrant d’insuffisance rénale ou allergiques à l’iode.
En France, une personne sur dix est concernée par les maladies rénales. À l’occasion de la semaine nationale du rein du 7 au 14 mars, focus sur cette pratique encore peu connue.
Ce mercredi matin, le docteur Massimiliano Di Primio, radiologue interventionnel, intervient sur la jambe d’une patiente âgée d’une soixantaine d’années. Elle souffre d’artérite, une obstruction des artères dont l’un des symptômes les plus visibles est la boiterie. Le praticien fait une artérographie et une revascularisation. Une opération importante sous sédation et surtout sous contrôle visuel constant. Mais pour vérifier la circulation sanguine, ce n’est pas l’iode que les équipes médicales vont utiliser mais du CO2. « Ce produit de contraste nous permet de traiter les patients avec une insuffisance rénale connue, ceux allergiques à l’iode et ceux chez qui on veut préserver une fonction rénale parce qu’ils ont des facteurs de risque », explique le praticien.
Une technique adoptée en 2018
Une fonction rénale sous haute surveillance. Parce que ce sont les reins qui éliminent l’iode, leur demandant un effort supplémentaire et important. Un organe déjà très fatigué, pour certains patients, doit donc être préservé pour éviter tout risque d’insuffisance rénale. Les équipes de l’hôpital privé Parly II ont fait ce choix il y 8 ans maintenant.
Si l’iode permet une visibilité extrêmement détaillée et détection plus simple par les machines, « l’avantage du CO2, c’est qu’il peut être aussi utilisé pour réduire la quantité totale d’iode utilisée pendant un geste. Le fait d’utiliser en synergie l’iode et le CO2 nous permet parfois de réduire de 50% l’injection de produits de contraste iodé », ajoute le docteur Di Primio. Depuis sa mise en place, plus d’un millier de patients en ont bénéficié.