À Versailles, le conservatoire célèbre 150 ans d’enseignement artistique

Publié le 09 janvier 2026

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À Versailles, le conservatoire célèbre 150 ans d’enseignement artistique

Montage : Paul Berdeaux / Article et reportage vidéo : Mélanie Poquet

Émission

De l’art, tout le temps, tous les jours ou presque. A Versailles, à deux pas du château, derrière une grande porte cochère toujours ouverte ne se cache pas un lieu où règnent notes de musique et textes déclamés : le Conservatoire à rayonnement régional de Versailles Grand Parc. Une institution qui a fêté en 2025 ses 150 ans.


Ici, ça fourmille de tout. D’enfants, d’adultes, d’instruments et de textes. Au CRR, pas de répit. Il y a toujours de quoi répéter, travailler. « On y enseigne quasiment toutes les disciplines : de la danse contemporaine et classique, de l’art dramatique et de la musique dans toutes les disciplines, des instruments baroques aux instruments modernes, le jazz et les musiques actuelles amplifiées« , précise Christophe Dravers, directeur adjoint de l’établissement.

Une société philharmonique pour commencer

L’enseignement de la musique est même plus ancienne à Versailles. Les équipes du CRR sont remontés dans le temps et ont trouvé la trace d’une école libre et gratuite de musique dans la cité royale en 1796. « L’école a continué jusqu’en 1811 puis a stoppé ses activités pour des raisons financières« , explique Xavier-Romaric Saumon, directeur du CRR.

L’histoire du CRR, elle, prend forme en 1875. Emile Cousin, violoniste et compositeur, crée une société de quatuors et de musique de chambre privée à Versailles. Ayant besoin d’éléments nouveaux, il souhaite fonder une école municipale de musique. C’est chose faite en novembre 1878. 4 classes sont créés et une centaine d’élèves viennent se former. « La pratique collective est importante mais aussi dès qu’on veut jouer ensemble il faut créer les conditions. Se développe un enseignement plus individualisé pour se perfectionner, et donc des classes de violon se mettent en place, d’alto, de violoncelle, enfin ce qui va nous amener jusqu’à nous« , ajoute Xavier-Romaric Saumon.

Un lieu chargé d’histoire

Au XXème siècle, le conservatoire s’installe dans un lieu prestigieux : l’hôtel de la Chancellerie, à Versailles. Un bâtiment historique. En 1672, Louis XIV le rachète pour y loger le Grand chancelier de France. Lors de la Révolution française, le lieu est habité par le Garde des Sceaux. En 1792, il devient bien national et abrite une sellerie. Il est ensuite domaine privé plusieurs fois laissé à l’abandon. En 1951, la commune le rachète et y installe le conservatoire.

Aujourd’hui, le conservatoire occupe trois bâtiments entourant la cour intérieure : l’hôtel de la Chancellerie, un bâtiment du XIXème siècle tout juste restauré qui abrite l’administration et un édifice plus récent, datant de XXème siècle dans lequel se trouve notamment l’auditorium.

Des arts enseignés à tous

Près de 2 500 élèves et étudiants sont aujourd’hui accompagnés par le Conservatoire. Dans quatre lieux différents : à Versailles, s’ajoutent Jouy-en-Josas, Buc et Viroflay. 180 enseignants et agents administratifs les accompagnent dans leur formation. « On a la chance d’avoir tous les niveaux ici, du débutant à l’initiation et la découverte des instruments jusqu’au parcours professionnalisant« , explique Christophe Dravers. Les équipes travaillent aussi autour de l’orientation professionnelle : classes préparatoires, licence, master d’interprète avec l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et Paris-Saclay ainsi qu’un artist diploma. Conservatoire national de région depuis 1971, il est aujourd’hui connu sous la dénomination « conservatoire à rayonnement régional« . « C’est un établissement qui enseigne la musique, la danse et l’art dramatique puisque ces trois spécialités sont reconnues par le Ministère de la Culture. C’est un établissement qui suit aussi des prérequis nationaux de l’enseignement« , précise Xavier-Romaric Saumon.

Avec des élèves fidélisés ! Parmi eux, Victor Dutot. Étudiant de 2005 à 2010, il part continuer sa formation au Conservatoire national supérieur de musique de Paris puis devient soliste. Depuis trois ans, il est aussi devenu professeur de basson au… CRR de Versailles Grand Parc ! « Quand j’étais élève, il y avait toujours plein d’activités et beaucoup de pratiques collectives avec beaucoup d’exigence, mais aussi beaucoup d’ouverture d’esprit. On faisait aussi bien de la musique classique des XVIIIe, XIXe siècle, XXe siècle que de la musique contemporaine d’aujourd’hui et aussi de la musique baroque. Et surtout nous avions plein de professeurs de haut niveau, de renommée« , explique-t-il. Une qualité qu’il cherche aujourd’hui à transmettre à son tour.

De l’enseignement et une saison riche

Quasiment 300 manifestations sur cette saison 2025-2026. Des auditions, des concerts. « L’important est que ce sont des restitutions d’abord de la pédagogie qui est faite tout au long de l’année pour nos élèves et par nos élèves« , précise Christophe Dravers. Mission principale du CRR : « que les élèves qui passent par chez nous aient acquis un certain bagage culturel et puissent être autonomes dans leurs pratiques artistiques tout au long de leur vie« , ajoute-t-il. Certains viennent y chercher une expérience, un bagage. D’autres, une formation professionnalisante. De grands noms y ont fait leur classe : Catherine Lara, Isabelle Huppert, Raphaël Pichon, Philippe Jarrousky ou encore François de Mazières, l’actuel maire de la cité royale.

Pour en découvrir plus de cette histoire, un livre verra le jour au début de l’année 2026.

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