Burn-out : comprendre l’effondrement professionnel avec le témoignage de Christophe Desproges

Publié le 28 janvier 2026

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Burn-out : comprendre l’effondrement professionnel avec le témoignage de Christophe Desproges

Montage : Marine de la Barbée / Article : Wilfried Richy / Interview : Clara de Frutos

Émission

Témoignage de Christophe Desproges, co-fondateur du Club des Burnoutés et des Bienveilleurs

Le burn-out n’est ni une faiblesse, ni une simple fatigue. Christophe Desproges, ancien cadre dans une grande entreprise américaine, en a fait l’expérience en 2016. Dix ans plus tard, il s’engage pour mieux informer, prévenir et déconstruire les idées reçues autour de l’épuisement professionnel.


Le burn-out, un effondrement et non un coup de mou

« On entend souvent dire que le burn-out touche des personnes faibles. C’est faux. Ce sont souvent des personnes très engagées, qui acceptent toujours un peu plus que les autres », explique Christophe Desproges.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le burn-out est un phénomène lié au travail, résultant d’un stress chronique non géré, reconnu dans la Classification internationale des maladies (CIM-11). Il se manifeste par trois dimensions combinées :

  • un épuisement physique,
  • un épuisement mental,
  • un épuisement émotionnel

Les signaux faibles, souvent ignorés

Avant l’effondrement, une phase longue s’installe : le burning. Elle peut durer plusieurs mois, parfois plusieurs années. Le corps envoie alors des signaux d’alerte :

  • troubles du sommeil (insomnies, réveils nocturnes),
  • fatigue persistante,
  • irritabilité, changements de comportement,
  • troubles digestifs,
  • douleurs musculaires ou ORL.

Des symptômes bien documentés par l’INRS et la Haute Autorité de santé, mais encore trop souvent banalisés dans le monde professionnel.
👉 Haute Autorité de santé – Repérage et prise en charge

Management, surcharge et perte d’autonomie

Dans son cas, plusieurs facteurs se cumulent : changement de manager, micro-management, déplacements professionnels quasi hebdomadaires, pression constante. Malgré des alertes répétées, la réponse reste classique : « ça ira mieux demain ».

« Le burn-out, ce n’est pas une fatigue passagère. Ce n’est pas un week-end ou des vacances qui règlent le problème », rappelle-t-il.

7 juin 2016 : le point de rupture

La date est restée gravée. Incapable d’écrire un mail pourtant routinier, Christophe Desproges comprend que quelque chose ne fonctionne plus. Le lendemain, son médecin pose le diagnostic : burn-out. Arrêt immédiat.

Un scénario fréquent, décrit par les professionnels de santé : l’effondrement survient souvent brutalement, après une longue période de déni.
👉 Ministère du Travail – Burn-out et prévention

Se reconstruire et agir

Après plusieurs mois d’arrêt, un suivi médical, de la sophrologie et un recentrage sur des activités manuelles, Christophe Desproges entame une reconstruction progressive.

Face au manque d’information à l’époque, il décide d’agir. Conférences, podcasts, webinaires, articles… Avec d’autres personnes concernées, il cofonde le Club des Burnoutés et des Bienveilleurs, aujourd’hui association de prévention et de sensibilisation.

Objectif :

  • expliquer ce qu’est réellement le burn-out,
  • dire clairement ce qu’il n’est pas,
  • orienter vers des structures d’accompagnement,
  • montrer qu’il existe un après.

Un annuaire d’associations et de professionnels engagés a également été mis en place.

Un enjeu de santé publique

Le burn-out touche aujourd’hui toutes les catégories sociales et concerne des publics de plus en plus jeunes. L’INSERM souligne l’importance d’une prévention collective, impliquant salariés, encadrement et organisations.

« En 2026, l’information existe. Encore faut-il la rendre accessible. Sensibiliser, c’est déjà prévenir », conclut Christophe Desproges.

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