Alcool au volant : comprendre les risques, éviter le pire

Publié le 28 janvier 2026

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Alcool au volant : comprendre les risques, éviter le pire

Montage : Marine de la Barbée / Reportage vidéo : Grégory Canalé et Patrick Jacques de Dixmude

Reportage

À Versailles, l’Association Prévention Routière alerte sur les dangers de l’alcool au volant. Un enjeu majeur alors que 29 % des accidents mortels en France impliquent un conducteur alcoolisé.


Place du Marché Notre-Dame à Versailles, les piétons intrigués s’arrêtent. L’Association Prévention Routière y a installé plusieurs ateliers pour rappeler les dangers de l’alcool au volant, le 12 décembre dernier. Parmi eux : un parcours semé de plots, symbolisant des piétons à éviter. Objectif : le franchir sans en renverser un seul… mais avec des lunettes simulant un état d’alcoolémie.

« On se rend compte qu’on a beaucoup plus de difficultés à lire son environnement, à appréhender les distances », explique Honorine Guilet, directrice régionale Île-de-France de l’association. « Cela impacte le temps de réaction. Conduire est incompatible avec un taux d’alcoolémie trop élevé ».

Des effets physiologiques dès 0,5 g/L

En France, la limite légale est fixée à 0,5 g d’alcool par litre de sang, soit 0,25 mg/L d’air expiré. Pour les conducteurs titulaires d’un permis probatoire, cette limite est abaissée à 0,2 g/L, ce qui correspond à zéro verre d’alcool consommé.

Dès 0,5 g/L, le risque d’accident est multiplié par 2. L’alcool agit sur les capacités de conduite : champ de vision réduit, sous-estimation des distances, baisse de vigilance, allongement du temps de réaction.

Ateliers de prévention : sensibiliser tous les publics

En plus du parcours, d’autres ateliers pédagogiques étaient proposés par l’association Prévention Routière à Versailles :

  • Atelier « dose bar / dose maison » : pour comprendre qu’un verre servi à domicile contient souvent deux fois plus d’alcool qu’un verre standard en bar (unités de mesure réglementées).
  • Test du temps de réaction : les participants doivent réagir à des stimuli lumineux, illustrant l’impact de l’alcool sur la rapidité de décision.

Pour Honorine Guilet, le message est clair : « Soit on reste dormir sur place, soit on désigne un conducteur sobre, soit on rentre avec d’autres moyens comme les transports en commun. Nos messages s’adressent aussi aux cyclistes et usagers de trottinette : on ne prend pas la route si on a bu ».

Ce que dit la loi

La conduite en état d’alcoolémie est punie de manière progressive selon le taux mesuré :

Taux compris entre 0,5 g/L et 0,8 g/L :

  • Amende forfaitaire de 135 €
  • Retrait de 6 points sur le permis
  • Immobilisation du véhicule possible

Taux égal ou supérieur à 0,8 g/L :

  • Délit (et non plus une simple infraction)
  • Amende pouvant aller jusqu’à 4 500 €
  • Retrait de 6 points
  • Suspension de permis jusqu’à 3 ans
  • Peine de prison jusqu’à 2 ans
  • Stage de sensibilisation obligatoire

Si le conducteur est impliqué dans un accident ou récidive, les sanctions sont plus lourdes. L’installation d’un éthylotest antidémarrage (EAD) peut aussi être imposée par décision judiciaire ou préfectorale.

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