Le président de la République Emmanuel Macron s’est rendu à Trappes, dans les Yvelines, ce vendredi 23 octobre 2026, quelques heures après l’attaque meurtrière qui a frappé la commune et celle de La Verrière. Face à la presse, le chef de l’État a dénoncé un « attentat terroriste et raciste » et appelé les Français à rester unis. Le Parquet national antiterroriste a également précisé le déroulement des faits, qui ont fait un mort et cinq blessés.
« Un tournant dans la vie de notre République »
Arrivé à Trappes dans la soirée, Emmanuel Macron s’est dirigé vers la mairie pour rencontrer les élus locaux, les forces de secours et plusieurs habitants touchés par le drame.
Lors de sa prise de parole, aux côtés du maire de Trappes, Ali Rabeh, du maire de La Verrière, Nicolas Dainville, et du préfet des Yvelines, le président a adopté un ton grave.
« Ce qui s’est passé est un tournant dans la vie de notre République et de notre nation », a-t-il déclaré, qualifiant les faits d’« attentat terroriste et raciste ».
Selon le chef de l’État, les victimes ont été ciblées en raison de leur couleur de peau ou de leur religion supposée. Il a également évoqué le caractère prémédité de l’attaque, estimant que son auteur présumé avait assumé son geste.
Le parquet antiterroriste retrace le parcours du tireur
Dans un communiqué, le Parquet national antiterroriste (PNAT) a apporté de nouveaux éléments sur le déroulement de l’attaque.
Selon le parquet, le suspect, identifié comme Kevin T., aurait commencé à tirer vers 10 heures à Trappes, en direction d’un véhicule stationné dans lequel se trouvaient une mère et sa fille. Elles n’ont pas été blessées. Il aurait ensuite visé une maison de santé.
Un homme a été mortellement touché à proximité du square Louis-Pergaud. Deux autres personnes ont été blessées à la station-service Esso.
L’assaillant présumé aurait ensuite poursuivi sa route vers La Verrière. Deux personnes ont été blessées près de la pharmacie du Bois-de-l’Étang, puis une dernière rue Marcel-Rivière.
Le bilan communiqué par le PNAT s’établit désormais à un mort et cinq blessés, contre quatre blessés dans les premières informations.
Le suspect a finalement été interpellé à Coignières par les forces de l’ordre. Le parquet précise également que son casier judiciaire porte la trace de quatre condamnations réhabilitées de plein droit.
« Ne laissez rien nous diviser »
Au-delà de la condamnation de l’attaque, Emmanuel Macron a consacré une large partie de son intervention à la cohésion nationale.
« Cela n’a pas sa place dans la République, cela n’a pas sa place en France », a-t-il insisté, avant de rappeler le caractère indivisible de la République française.
Le président a notamment appelé les habitants à ne pas céder à la peur : « Ne baissez pas la tête. Vous êtes Françaises et Français. »
Face à la montée des tensions, il a mis en garde contre le risque d’opposer les citoyens les uns aux autres. Selon lui, la réponse à cette attaque doit reposer sur l’unité nationale, sans tomber dans le piège d’un affrontement entre communautés.
Une rencontre avec une habitante particulièrement marquante
Pour illustrer son propos, Emmanuel Macron a raconté sa rencontre avec une mère de famille en pleurs. Cette habitante lui aurait expliqué qu’on lui demandait régulièrement si elle était française en raison de sa couleur de peau.
Le chef de l’État a dénoncé cette situation, rappelant qu’aucun citoyen ne devrait avoir à justifier son appartenance à la nation française en fonction de son apparence.
Enfin, Emmanuel Macron a remercié les policiers de la brigade anticriminalité, les policiers municipaux, les secours et les magistrats mobilisés. Il a également adressé ses pensées aux victimes et à leurs familles.
L’enquête se poursuit désormais sous l’autorité du Parquet national antiterroriste afin de préciser les circonstances de l’attaque et d’établir les responsabilités pénales.