Au Mesnil-le-Roi, les cloches de Saint-Vincent continueront de rythmer le village

Publié le 06 juillet 2026

Partager

Au Mesnil-le-Roi, les cloches de Saint-Vincent continueront de rythmer le village

Article rédigé par Emilie Leroy

Sans categorie

Le tribunal administratif a rejeté, le 30 juin 2026, la demande de riverains qui voulaient faire taire les cloches de l’église Saint-Vincent. En cause : des sonneries jugées trop présentes, entre les offices religieux et les quarts d’heure qui scandent le temps du village.

Une décision fondée sur le droit et l’usage local

Gênés par ces sonneries régulières, des habitants avaient d’abord demandé au maire de la commune de faire cesser les sonneries des cloches de l’église. Faute de réponse de sa part, ils ont considéré qu’il s’agissait d’un refus implicite. Il ont saisi la justice administrative pour contester cette situation.

Le tribunal administratif a rejeté la requête le 30 juin dernier. Il a rappelé que la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Églises et de l’État, prévoient qu’un arrêté municipal doit encadrer l’usage des cloches à des fins civiles et religieuses. Mais, un tel arrêté n’a toutefois jamais été pris dans la commune. Cette absence ne suffit pas, à elle seule, à obliger le maire à faire cesser ces sonneries.

En clair, le silence de la réglementation locale ne suffit pas à faire taire les cloches.

Un usage ancien reconnu

Au-delà de leur fonction religieuse, les juges ont surtout retenu l’existence d’un usage local ancien, régulier et durable. Dans cette logique, les cloches ne servent pas uniquement le culte. Elles participent aussi à la vie civile du village, en marquant les heures.

L’église Saint-Vincent, un monument historique du Mesnil-le-Roi

Cette place particulière des cloches s’explique aussi par l’histoire du lieu. Édifiée en 1587 et consacrée le 2 août de la même année, l’église Saint-Vincent domine le village de Le Mesnil-le-Roi depuis plus de 420 ans. Elle porte encore la mémoire d’un territoire marqué par la vigne, dont saint Vincent est le patron, ainsi que par des siècles de vie paroissiale et seigneuriale.

Le clocher a longtemps abrité quatre cloches baptisées : Marie, Anne, Renée et Louise-Marie. Comme des figures familières du village, elles étaient parrainées, nommées, intégrées à la vie quotidienne. Mais l’histoire n’a pas épargné ce patrimoine. Trois des cloches ont été réquisitionnées sous le Premier Empire puis fondues pour fabriquer des canons. Seule Marie a survécu. Avec elle, se poursuit une continuité : dans ce village, les cloches continuent encore aujourd’hui de rythmer le temps quotidien.

Les tags liés a cet article :

Aujourd'hui