La fermeture semblait inéluctable. Pourtant, Ramsay Santé a finalement suspendu son projet. Initialement prévue pour décembre 2026, la fermeture de la maternité de l’Hôpital Privé de l’Ouest Parisien (HPOP), à Trappes, est repoussée. Après plusieurs semaines d’une mobilisation exceptionnelle, habitants, élus, personnels soignants et personnalités locales ont réussi à faire reculer le groupe. Si l’avenir du service reste incertain, ce premier recul de Ramsay Santé redonne néanmoins de l’espoir à tout un territoire.
Un sursis plutôt qu’une victoire définitive
Le 1er juillet, à l’issue d’une rencontre entre le maire de Trappes, Ali Rabeh, et la direction de Ramsay Santé, le groupe privé a accepté de revoir son calendrier. Par conséquent, la fermeture annoncée pour décembre 2026 n’est plus d’actualité à cette échéance.
Pour autant, Ramsay Santé n’a pas abandonné son projet. À ce stade, le groupe n’a fixé aucune nouvelle date et n’a donné aucune garantie quant au maintien durable de la maternité. Désormais, une réunion réunissant Ramsay Santé, l’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France et la mairie doit permettre d’examiner les différentes options pour l’avenir de l’établissement.
Une maternité essentielle pour 230 000 habitants
L’enjeu dépasse largement les frontières de Trappes. En effet, la maternité du HPOP constitue aujourd’hui la seule structure qui assure les accouchements sur le territoire de Saint-Quentin-en-Yvelines, un bassin de près de 230 000 habitants. Sa fermeture aurait contraint de nombreuses familles à se tourner vers des établissements plus éloignés, entraînant des temps de trajet plus longs et accentuant la pression sur les maternités voisines.
Par ailleurs, plusieurs établissements ont déjà fermé leurs portes ces dernières années dans les Yvelines. Dans ce contexte, de nombreux habitants, élus et professionnels de santé craignent une dégradation progressive de l’accès aux soins obstétriques dans le département.
Une mobilisation qui a changé le rapport de force
Rarement un projet de fermeture aura suscité une telle réaction locale.
Une pétition a dépassé les 6 000 signatures, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant l’établissement, tandis que soignants, syndicats, élus et habitants ont multiplié les prises de parole.
Le mouvement a également bénéficié du soutien de personnalités originaires de Trappes, parmi lesquelles Omar Sy, La Fouine et Shy’m, tous nés dans cette maternité. Leur engagement a offert une visibilité nationale à un dossier jusque-là essentiellement local.
Ramsay Santé invoque des difficultés structurelles
Pour justifier son projet, le groupe Ramsay Santé met en avant deux arguments principaux : la baisse continue de la natalité et les difficultés de recrutement de professionnels spécialisés. En effet, l’établissement a enregistré 682 naissances en 2024, soit une diminution d’environ un tiers de son activité en dix ans. Selon le groupe, ce niveau ne suffit plus à assurer l’équilibre économique du service.
À l’inverse, les défenseurs de la maternité estiment que les critères financiers ne peuvent être les seuls à guider l’organisation des soins. Ils rappellent également qu’un service de proximité reste indispensable dans un territoire aussi densément peuplé.
L’ARS affiche son opposition à la fermeture
Autre élément marquant du dossier : l’Agence régionale de santé d’Île-de-France s’est clairement démarquée du projet.
L’ARS a indiqué ne pas être à l’origine de cette décision et a réaffirmé sa volonté de maintenir une offre de soins de proximité sur le secteur. Cette position renforce les espoirs des élus locaux, qui souhaitent désormais trouver une solution pérenne permettant d’assurer la continuité de l’activité.
Une bataille loin d’être terminée
Le report de la fermeture constitue certes une victoire importante pour les défenseurs de la maternité, mais il ne règle pas pour autant la question de son avenir. Désormais, les prochaines discussions devront déterminer si une solution financière, organisationnelle ou institutionnelle peut permettre au service de poursuivre durablement son activité.
Pour les quelque 30 professionnels directement concernés, comme pour les milliers de familles du territoire, les prochaines semaines s’annoncent décisives. Une chose est toutefois déjà acquise : la mobilisation citoyenne a démontré qu’il était encore possible de remettre en question un projet présenté comme inévitable.