Lapin de Garenne : pourquoi cette espèce sauvage disparaît peu à peu des campagnes françaises ?

Publié le 11 juin 2026

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Lapin de Garenne : pourquoi cette espèce sauvage disparaît peu à peu des campagnes françaises ?

Exocet Kayes

Reportage

Longtemps considéré comme l’un des animaux les plus communs de nos campagnes, le lapin de Garenne se fait aujourd’hui de plus en plus discret. Derrière son apparente banalité se cache pourtant une espèce sauvage essentielle à l’équilibre des écosystèmes, dont les populations connaissent un déclin préoccupant en France.

Présent dans de nombreuses régions, ce petit mammifère continue de vivre à l’état sauvage dans des réseaux de terriers parfois méconnus du grand public.

Le lapin de Garenne, un habitant discret de nos territoires

Contrairement au lièvre, souvent confondu avec lui, le lapin de Garenne est plus petit et possède des oreilles plus courtes. Il se distingue également par son mode de vie social.

L’espèce vit en groupe au sein de vastes réseaux de galeries souterraines appelés garennes. Ces terriers servent à la fois d’abri contre les prédateurs et de lieu de reproduction. Certaines galeries spécifiques, appelées rabouillères, sont utilisées par les femelles pour mettre bas et élever leurs petits.

Une espèce en déclin en France

Autrefois abondant dans les campagnes françaises, le lapin de Garenne est aujourd’hui considéré comme quasi menacé sur le territoire national.

Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Les maladies virales, notamment la myxomatose et la maladie virale hémorragique, ont fortement impacté les populations depuis plusieurs décennies. Dans certaines zones, elles peuvent entraîner la disparition de plus de 80 % des individus.

À ces épidémies s’ajoutent les transformations profondes des paysages agricoles.

L’impact de l’agriculture intensive

Depuis les années 1950, les pratiques agricoles ont considérablement évolué. Les haies, les prairies et les zones de transition entre les milieux naturels ont progressivement laissé place à de grandes parcelles cultivées.

Or, le lapin de Garenne dépend d’habitats variés pour se nourrir, se reproduire et se protéger. La simplification des paysages réduit ses possibilités de refuge et fragilise davantage les populations déjà touchées par les maladies.

Une espèce essentielle à la biodiversité

Le déclin du lapin de Garenne ne concerne pas uniquement l’espèce elle-même. De nombreux prédateurs, comme le renard, certains rapaces ou encore plusieurs espèces de mustélidés, dépendent directement de sa présence pour se nourrir.

Sa disparition progressive peut donc avoir des conséquences sur l’ensemble de la chaîne alimentaire et sur l’équilibre des écosystèmes locaux.

Observer la nature autrement

Lors d’une promenade, il n’est pas rare de croiser l’entrée d’une garenne sans même s’en rendre compte. Ces petits terriers discrets témoignent pourtant de la présence d’une espèce emblématique de la faune française.

Observer ces traces, c’est aussi prendre conscience de la richesse de la biodiversité qui nous entoure et de la nécessité de préserver les habitats naturels dont dépendent de nombreuses espèces sauvages.

Alors que le lapin de Garenne continue de disparaître dans certaines régions, sa préservation apparaît comme un enjeu important pour la biodiversité française.

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