Interview – Sinclair : « Je n’ai plus peur de rien ! »

Publié le 01 avril 2026

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Interview – Sinclair : « Je n’ai plus peur de rien ! »

Nicolas Gervais

Émission

Avant son show à La Batterie, à Guyancourt, ce samedi 4 avril 2026, nous avons rencontré Sinclair. Après une longue pause, celui qui trace sa route comme personne, entre funk, pop et soul, a fait un retour sur scène remarqué en 2025, remplissant la Cigale après une première série de concerts et un Best Of. Depuis mars, il est reparti à la rencontre de son public avec la tournée Lumière. Il nous parle aujourd’hui de son parcours personnel, de cette nouvelle aventure, de son évolution artistique et de ce qui le fait vibrer.

Tu es actuellement en pleine tournée, pourquoi avoir fait cette pause d’une dizaine d’années avant de remonter sur scène ?

J’étais arrivé au bout de ma vie ! Il fallait remettre un coup de clean partout et retrouver un sens avant de remonter sur scène. Je m’étais perdu dans un endroit obscur et il a fallu déménager dans le sud, où j’habite aujourd’hui, pour retrouver l’envie. Ça s’inscrit dans des chemins de vies chaotiques comme pour plein de gens. J’ai traversé une période vraiment difficile et je n’ai pas peur de le dire. Par contre, je n’ai jamais arrêté de bosser. C’était un mélange de plusieurs choses, de l’image que je projetais… Puis, l’âge avançant, je suis finalement passé à une autre étape. Ça s’est fait naturellement quand mon associé m’a dit que les gens voudraient peut-être me revoir sur scène. Et quel bon choix !

Qu’est-ce qui a changé dans ta manière d’aborder la scène ?

Tellement de choses ! Déjà, je n’ai plus peur de rien. Tout m’émerveille. Même les bugs ou une guitare qui ne marche pas peuvent être des prétextes pour rebondir. Mon rapport même à la musique a changé. Et a la performance. Je ne monte plus sur scène pour les mêmes raisons, mais avec une véritable assurance. Comme si j’avais traversé l’enfer et que la scène était l’endroit, désormais, où je me sens le mieux. D’ailleurs, je ne viens pas pour me faire valider ou applaudir, mais pour partager ce bonheur avec les gens.

Qu’est-ce qui attend le public de la Batterie samedi soir ?

Avec cette formule et mon nouveau groupe, des musiciens hors pair, on n’a pas de limite, on se lâche et on va au bout. Et avec ma façon de penser actuelle et la liberté avec laquelle j’aborde cette nouvelle phase, nous sommes dans un écrin de fou sur scène. Je ne livre que du kiff, de l’émotion et du partage humain. J’échange aussi pas mal avec le public. Nous sommes là pour fédérer des gens et les emmener dans une bulle temporelle. Le concert dure 2h, il est très physique, mais ça passe vite. Nous n’utilisons pas de machines, tout est joué à l’ancienne mais, en même temps, c’est très actuel. On amène une sorte d’énergie brute qu’on partage avec le public, qui reçoit ça frontalement. Et je crois que c’est ça, aussi, qui lui plait.

Le show s’appuie à la fois sur de nouveaux titres et des classiques : comment trouves-tu l’équilibre ?

Au niveau des titres proposés, il y aura les standards, bien sûr, les morceaux emblématiques du début, mais aussi pas mal morceaux de mon dernier album, So Sorry. C’est une sorte de voyage entre les titres que les gens connaissent et les nouveaux. Mais, ils sont gérés et réarrangés pour que ce soit homogène, que le mélange se fasse naturellement et qu’il soit difficile de cerner les époques. Ce qu’on propose avant tout, c’est de l’éclate ! On peut parler de funk, de soul… j’ai toujours un peu mélangé, et là je suis revenu à l’essence même des morceaux, pour que ça tourne vraiment et que ça groove. D’autant que, maintenant, je m’assume à fond : je joue de la guitare, du clavier, de la basse… Il y a une ouverture musicale qui devrait plaire aux passionnés de musique qui aiment en prendre plein les oreilles.

Et toi, qu’est-ce que tu écoutes ?

Je crois que j’ai pris le pli de l’écoute moderne : je n‘écoute plus d’albums en entier. J’écoute un peu de nouveautés, mais il y a tellement de trucs… Au final, c’est assez éclectique. Je n’ai plus d’idoles, car ils sont tous morts, et je n’ai pas retrouvé de mentors en musique. Mais j’écoute vraiment beaucoup de choses : des artistes inconnus, beaucoup d’instrumentaux… Et j’adore Little Simz, une artiste anglaise. Pour moi, la musique c’est plutôt Anglais. C’est eux qui ont vraiment su mélanger les trucs comme il fallait pour obtenir des sons incroyables.

Tu connais les Yvelines ?

J’ai grandi à Mareil-Marly. J’y ai vécu jusqu’à l’âge de 7 ans. Ensuite, je suis venu jouer dans les Yvelines plusieurs fois. C’est un coin que je connais et ça fait toujours plaisir de revenir dans le « 78 », comme on dit.

Sinclair en concert

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