De la recherche en biologie à la céramique : la reconversion de Géraldine K. à Chatou

Publié le 18 février 2026

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De la recherche en biologie à la céramique : la reconversion de Géraldine K. à Chatou

Montage : Marine de la Barbée / Article : Clara De Frutos / Reportage vidéo : Clara De Frutos

Émission

Ancienne chercheuse en biologie, Géraldine K. s’est reconvertie il y a une quinzaine d’années dans la céramique. Installée à Chatou, elle produit essentiellement de la vaisselle et des objets décoratifs, en grès ou en porcelaine.


« Je n’ai pas toujours été céramiste, loin de là », raconte Géraldine K. Initialement formée en biologie, elle débute sa carrière dans la recherche scientifique. C’est lors d’un stage post-doctoral aux États-Unis qu’elle découvre le tournage de la terre. « C’est devenu un immense plaisir. Ça m’a tout de suite engloutie », explique-t-elle.

De retour en France, elle décide de se former sérieusement en passant un CAP à Montreuil. Quinze ans plus tard, elle monte un atelier de production céramique à Chatou.

Des objets pensés pour le quotidien

Pour fabriquer ses pièces, Géraldine commence par travailler un bloc de grès. Une fois formées, les pièces, encore molles, sont entreposées sur des étagères afin de pouvoir sécher, avant de subir une première cuisson à 1000°C. Ce n’est que lors de la seconde cuisson, à 1300°C, que la matière se transforme définitivement. « À ce stade, la terre devient non-recyclable », précise-t-elle.

Pour cuire ces créations, la céramiste utilise un four tonneau, qu’elle remplie entièrement pour optimiser ses cuissons. « Ça n’a l’air de rien, mais 1300°C, c’est extrême. D’ailleurs, lorsque je lance une cuisson, mon atelier devient relativement irrespirable au bout de quelques heures », décrit-elle. « C’est pour cette raison que je fais mes cuissons la nuit, cela me permet de travailler normalement le lendemain. » La température du four met une dizaine d’heures à monter, puis près de deux jours à redescendre. « Ce matin par exemple, j’ai sorti des pots. Et pour vous donner un ordre d’idée : je les avais enfournés il y a deux jours, le soir à 23h. »

En parallèle, Géraldine K. émaille certaines pièces de sa collection. Pour cela, elle prépare elle-même sa pâte, composés de poudres précisément dosées. « Celle-ci va d’abord être mate. Une fois cuite à 1300 degrés, cette poudre blanche va devenir un émail lisse et brillant », explique-t-elle.

« Je suis guidée par mes besoins sincères à la maison », Géraldine K. , céramiste à Chatou.

L’essentiel de sa production concerne la vaisselle : bols, tasses, théières, saladiers ou encore coquetiers. Cette grande amatrice de thé conçoit des objets pensés pour le quotidien. « Par exemple, mes amis et moi cherchions des coquetiers sympas, empilables et faciles à nettoyer. Je les ai donc créés moi-même », raconte-t-elle. Aujourd’hui, cette dimension prend de plus en plus de place dans sa réflexion. Certaines créations associent la terre et le cuir, qu’elle découpe elle-même. « Ça permet de casser le côté minéral et parfois froid de la céramique », explique-t-elle.

« Promouvoir un autre mode de consommation »

Au-delà de la passion artisanale, la céramiste revendique une démarche plus large. « J’essaie de promouvoir un autre mode de consommation », affirme-t-elle. « Je n’ai pas déclenché une envie d’acheter. Ça répond à de réels besoins. » Et après quinze années d’activité, Géraldine K. observe effectivement une évolution. « Les gens s’intéressent de plus en plus à cette manière de consommer. Je constate aussi que ma clientèle s’est beaucoup fidélisée. »

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