Niché en haut d’une colline, le château de Porgès dévoile toute sa grandeur au détour d’un virage. Propriété privée encore aujourd’hui, sa construction débute le 5 juillet 1899 à Rochefort-en-Yvelines. Nous avons pu pousser ses portes le temps de notre reportage.
Ce qui saisit quand on arrive au château de Porgès, c’est sa taille. Pour un château privée, une résidence secondaire. Plus de 11 000 mètres carrés et une hauteur sous plafond saisissante : 8m pour la grande galerie qui fait d’ailleurs 600 mètres carrés. « C’est sa démesure qui marque. C’était une manière pour Jules Porgès de s’affirmer sur la place parisienne », explique Cyrille Morlet, couple d’hôtes pour Châteauform, entreprise gestionnaire du site.
Une reproduction d’un hôtel parisien
Remontons à la fin du XIXème siècle. Jules Porgès est un richissime diamantaire qui veut faire plaisir à son épouse en lui construisant une demeure somptueuse et gigantesque. Il jette alors son dévolu sur Rochefort-en-Yvelines et demande à l’architecte Charles Mewes de construire en s’inspirant de l’hôtel de Salm, le palais de la Légion d’honneur à Paris. « Il choisit le hôtel de Salm pour son architecture un peu différente des autres comme les colonnades, il y en a aux alentours de 128 », explique Cyrille Morlet. Mais tout y est plus grand, plus de 2 fois la taille.
Une grandeur imposante, il fallait être vu au château de Porgès dans le monde mondain mais peut être pas tout à fait apprécié par Mme Porgès. « L’histoire dit que lorsque Mme Porges est arrivée ici, elle n’a dormi qu’une seule nuit, puisqu’elle trouve le château absolument magnifique, mais trop grand à son goût », ajoute Cyrille Morlet. Elle en fera cependant un château de style néo-classique où elle exposera collections de porcelaines et tapisseries.
Une construction inédite
Impossible de s’en rendre compte à l’oeil nu. Mais le château de Porgès est fait de béton armé. C’est ce qu’on appelle la méthode Cottancin, de l’architecte du même nom. Le système : réaliser une sorte de toile métallique formée par le même fil de fer. Les éléments porteurs sont constitués de briques noyées dans le ciment. Paul Cottancin en déposera le brevet en 1890. Le marbre visible à l’intérieur n’est « que » décoration.
Un château devenu lieu de séminaire
En 1914, la guerre éclate. Le château devient un hôpital et ne retrouvera pas son faste passé. En 1921, Jules Porgès meurt. Le château est vendu à un entrepreneur trois ans plus tard. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands et les Américains y vivront brièvement. Mais le site doit se réinventer : lieu de tournage (Le Nouveau jouet de James Huth, Yoyo de Pierre Etaix). En 1998, une société de séminaires s’y installe en location. « Châteauform a fait une grosse campagne de rénovation de trois ans pour effectivement remettre ce lieu en état, pouvoir accueillir nos participants », explique Cyrille Morlet.
81 chambres et 15 salles de réunion sont créées pour accueillir environ 7500 participants à l’année. « Nous proposons ce qu’on appelle une expérience ouverte pour les participants, être un peu en déconnexion avec la ville tout en étant proche puisqu’on est à 40 minutes de Paris. Notre concept : que les participants se sentent comme à la maison. », explique Cyrille Morlet.
Dernier château construit dans les Yvelines, le château de Porgès est aujourd’hui un bien privé.