Il y a des trésors un peu partout dans les Yvelines. Comme dans l’église Saint-Martin de Jouy-en-Josas où une statue récemment attribuée au Bernin vient d’être restaurée. Une oeuvre vieille de plus de 400 ans qui partira dans quelques temps pour l’Italie. Avant d’être à nouveau visible pour les Jovaciens et curieux.
Aux petits soins pour redonner son éclat à la statue. Le Saint-Sébastien de l’église de Jouy-en-Josas est encore en très bon état mais les années ont laissé de la saleté jusque dans les moindres recoins de l’oeuvre. Pendant une semaine, deux restaurateurs se sont affairés autour de la création et de son socle pour lui redonner sa couleur d’origine. « C’est un nettoyage en plus très léger, on essaye de garder une certaine patine, on essaye de laisser visible les traces d’outils par exemple, les traces de gradines au niveau de la base« , explique Leïla Léourier Çavuşoğlu, restauratrice de sculpture.
« Le plus grand musée de France »
Une statue de valeur, elle est inscrite dans la liste des monuments historiques. Pour cette restauration, la commune a été accompagnée par le département des Yvelines, la direction régionale des affaires culturelles et la Sauvegarde l’art français à travers le programme « Le plus grand musée de France ». Un programme pour lequel il fallait voter, la statue de Saint-Sébastien étant en concurrence avec deux sites franciliens.
« La DRAC surveille et nous donne les instructions, mais c’est vraiment un appui très, très utile sans lequel on ne pourrait pas avancer, parce qu’ils sont là vraiment pour nous conseiller et nous aiguiller beaucoup« , ajoute Murielle Foucault, maire adjointe déléguée à la culture de Jouy-en-Josas.
Un sculpteur peut en cacher un autre
Derrière sa statue, un événement. Initialement attribuée à Puget, elle serait en fait du jeune Bernin, grand maître du baroque, alors âgé de 18 ans. Une oeuvre datée des années 1617-1618. Une découverte que l’on doit à Maichol Clemente, historien de l’art italien, spécialiste de sculpture. « C’est une œuvre qui porte encore en partie le langage, les styles du père, mais développe l’iconographie de ce Saint-Sébastien de façon totalement différente, pointant beaucoup sur le sentiment, pointant beaucoup sur ce pathos, cette idée d’un corps mort, ou plutôt un corps qui n’est pas encore mort, un corps qui est en train de mourir, qui est en train d’agoniser« , explique-t-il.
Dans quelques jours, la statue quittera les Yvelines pour Rome pour une exposition dédiée au Bernin. Elle retrouvera ensuite sa place dans la chapelle de l’église Saint-Martin.