Municipales 2026 : pourquoi les jeunes et les étudiants avaient déserté les urnes en 2020

Publié le 09 janvier 2026

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Municipales 2026 : pourquoi les jeunes et les étudiants avaient déserté les urnes en 2020

Kayliz Soeroastro

Chronique

À moins de trois mois des élections municipales de 2026, le souvenir du scrutin de 2020 reste marqué par une abstention massive, en particulier chez les jeunes et les étudiants. Un rappel utile pour comprendre les ressorts sociologiques d’un désengagement électoral qui pourrait à nouveau peser sur le prochain scrutin local.


Aux élections municipales de 2020, la participation a atteint 34,67 % à 17 h lors du second tour, selon le ministère de l’Intérieur. Un chiffre historiquement bas, en net recul par rapport à 2014, où elle dépassait 52 % à la même heure.

Plus frappant encore, le taux d’abstention chez les 18-34 ans a atteint près de 72 %, selon une estimation de l’institut de sondage Ipsos/Sopra Steria, réalisée à l’issue du scrutin municipal.

Alors qu’ils représentent près de 20 % de la population française, soit environ 15 millions de personnes, les jeunes ne se sont pas déplacés en masse pour ce scrutin local. Entre la pandémie de Covid-19, un sentiment de manque de reconnaissance et l’absence d’initiatives ciblées, plusieurs facteurs expliquent cette démobilisation.

« C’est un peu un truc de vieux, les municipales »

À l’inverse, la participation des électeurs plus âgés reste élevée. Avec un taux proche ou supérieur à 65 %, les 60-64 ans votent davantage que la moyenne nationale, estimée à 44,5 % au premier tour des municipales de 2020, selon l’INSEE.

Un engagement qui s’explique notamment par un ancrage territorial plus fort.
« Les vieux du quartier, eux, ils voient le changement. On m’a proposé d’être sur une liste, mais je ne pense pas rester ici encore six ans », confie Jade Aubry-Tissot, étudiante à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye et habitante d’une commune des Yvelines.

Un besoin de meilleure communication pour s’adresser à la jeunesse

Le constat dépasse les Yvelines. En Centre-Val de Loire, sur les 1 754 maires en fonction, près des deux tiers ont plus de 60 ans, selon l’INSEE.

Cinq ans après les élections municipales de 2020, 9 % des maires élus n’exercent plus leur fonction, principalement pour cause de démission ou de décès. Une situation qui nourrit, chez certains jeunes, un sentiment de distance vis-à-vis des élus locaux.

Pour Nathan Buquet, 21 ans, habitant d’une commune de la région, le manque de communication est central :
« On ne connaît même pas les élus locaux. Sur les deux dernières années, il y a eu une réunion publique. Il faut faire de la communication locale, montrer à quoi ça sert. L’impact n’est pas anodin sur nos vies. »

Des revendications sociales et écologiques toujours d’actualité

Les revendications des jeunes portent principalement sur l’emploi, les questions sociales et l’écologie. Certains estiment que l’action municipale reste trop limitée sur ces sujets.

« Quand j’étais plus jeune, je me sentais concernée par les projets de ma ville. C’était super qu’à 17 ans ils financent mon BAFA », se souvient Jade Aubry-Tissot.
Aujourd’hui, elle regrette le manque d’initiatives pour les 18-35 ans :
« À 21 ans, il manque des salons ou des rencontres entre jeunes actifs et employeurs. »

Pour autant, tous ne se détournent pas durablement des urnes.
« Même si on ne mesure pas tous les enjeux, c’est important d’aller voter. C’est un geste symbolique, quelque chose que je fais en famille », conclut Nathan Buquet.

À l’approche du scrutin de mars 2026

À quelques semaines des municipales de mars 2026, ces constats interrogent à nouveau la capacité des communes à mobiliser la jeunesse et à rendre les enjeux locaux plus lisibles pour les jeunes électeurs.

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